La checklist complète avant chaque plongée photo : matériel, étanchéité, sécurité, réglages et briefing binôme. En 10 minutes, rien n'est oublié.
Une checklist pré-immersion complète pour un plongeur-photographe prend 10 minutes. Elle couvre le matériel de plongée, l'étanchéité du caisson, les réglages photo et le briefing binôme. Ces 10 minutes évitent la plupart des erreurs évitables et réduisent la charge cognitive sous l'eau en transformant des décisions en automatismes.
Le cerveau humain saute volontiers des étapes dans les routines familières. C'est un mécanisme d'économie cognitive, et il est utile dans la plupart des contextes. En plongée photo, il est dangereux.
J'ai vu un plongeur expérimenté descendre avec sa carte mémoire pleine parce qu'il l'avait vérifiée la veille et n'avait pas pensé à recommencer. J'ai vu un caisson s'ouvrir à 12 mètres parce qu'un joint avait été posé de travers dans la précipitation du départ. J'ai vu des plongées de nuit avec des batteries de lampes à moitié vides.
Ces erreurs n'arrivent pas aux débutants imprudents. Elles arrivent surtout aux photographes qui plongent souvent, qui ont confiance en leur routine, et qui sautent des étapes parce qu'ils "savent déjà".
Une checklist écrite ou verbalisée résout ce problème. Elle externalise la vérification vers un support qui ne fait pas de suppositions.
Ce bloc suit la vérification ABCDE standard, adaptée à la plongée photo.
A - Air : niveau de la bouteille, robinetterie ouverte à fond, respiration normale en surface, pas de goût bizarre à l'embout.
B - BCD : gonflage et dégonflage des deux mécanismes (direct system et bouche), attaches fermées, poches vides ou correctement fermées.
C - Caméra et caisson (point spécifique photographe) : voir bloc 2.
D - Détendeurs : second étage principal et de secours, inflateur BCD, octopus ou narguilé accessible.
E - Entrée et sorties : entrée à l'eau prévue, point de sortie identifié, signal de retour avec le guide convenu.
La check des poids n'est pas dans l'acronyme standard mais elle s'impose ici : vérifier que les poids sont présents, que le largage est accessible et qu'il fonctionne.
C'est le bloc que les photographes pressés sautent le plus souvent. Et c'est celui qui coûte le plus cher quand on l'a sauté.
Batterie : niveau de charge confirmé, pas juste "j'ai chargé hier soir". Selon votre batterie et votre consommation habituelle, une charge à 80 % peut ne pas tenir deux plongées.
Carte mémoire : espace disponible pour la plongée prévue, carte formatée ou vide de fichiers non sauvegardés.
Joint torique : sortir le joint de sa gorge, passer le doigt tout le tour pour détecter un corps étranger, vérifier l'absence de déformation ou d'entaille visible, remettre le joint en place et appliquer une trace de graisse silicone si votre caisson le demande.
Fermeture du caisson : fermeture progressive en vérifiant que le joint s'insère dans la gorge sur tout le tour avant de verrouiller. Pas de fermeture en force. Si quelque chose résiste, recommencer depuis le début.
Vitres et dômes : pas de trace de doigt sur les optiques (condensation ciblée), pas d'éclat ou de microfissure visible.
Commandes : tester chaque bouton accessible depuis l'extérieur du caisson, vérifier que la molette d'exposition tourne librement et dans le bon sens.
Buée et silica gel : si votre caisson contient un sachet de gel de silice, vérifier qu'il n'a pas été saturé (couleur selon le type de sachet). En cas de doute sur la condensation, retarder la fermeture du caisson jusqu'au dernier moment.
Ce bloc transforme les décisions photo en préréglages, ce qui réduit la charge cognitive sous l'eau.
Mode de prise de vue : RAW ou JPEG selon la plongée, mode de mesure de l'exposition (spot, matricielle, centrale pondérée selon vos habitudes).
Paramètres de base : ISO de départ selon la luminosité attendue, vitesse minimum pour figer les sujets mobiles. Ces réglages sont provisoires, mais avoir un point de départ réduit le temps d'ajustement sous l'eau.
Mode de mise au point : mise au point continue pour les sujets mobiles, ponctuelle pour la macro. Si votre caisson vous permet de sélectionner la zone de mise au point depuis l'extérieur, vérifier qu'elle est sur la bonne position.
Balance des blancs : si vous travaillez en JPEG, prérégler la balance des blancs sur un profil adapté à la profondeur prévue. Si vous travaillez en RAW, laisser en auto.
Format vidéo : si vous filmez aussi, vérifier le codec, la résolution, les images par seconde. Ces réglages sont difficiles à modifier sous l'eau si votre caisson ne donne pas accès aux menus.
Le briefing binôme standard ne suffit pas quand l'un des deux plongeurs photographie. Il faut un complément spécifique photo.
Zone et sujets : où on va précisément, quel type de sujet on cherche, quelle zone on évite (protection du fond, zone interdite, courant signalé).
Signaux spécifiques photo : au minimum, se mettre d'accord sur deux signaux qui n'existent pas dans le codex standard. "J'ai trouvé un sujet, reste là" et "j'ai besoin de toi maintenant". Le premier permet au photographe de s'éloigner temporairement sans que le binôme inquiète. Le second est le signal d'alerte non ambigu. Pour le détail complet des signaux entre binômes photographes, voir l'article dédié à la communication en binôme photo.
Rôle du binôme : le binôme d'un photographe n'est pas là pour regarder la même chose. Il est là pour surveiller l'environnement que le photographe ne surveille plus. Ce rôle doit être accepté et compris avant l'entrée à l'eau.
Durée et retour : heure de retour convenue, signal de retour en cas de courant, consommation d'air de référence pour le retour.
Une checklist pré-immersion réduit les erreurs. Elle ne les élimine pas.
La checklist ne remplace pas la formation. Un photographe qui ne sait pas lire son ordinateur correctement ne sera pas sauvé par une checklist. Elle ne remplace pas non plus la conscience situationnelle sous l'eau : vérifier avant la plongée ne dispense pas de vérifier pendant.
Et elle ne remplace pas le jugement. Si une vérification révèle un problème (joint endommagé, batterie trop faible, binôme pas disponible pour le briefing), la bonne décision est de ne pas plonger ou de corriger le problème avant de plonger. Pas de passer outre parce que "ça ira probablement".
Le task loading commence avant l'entrée à l'eau. Une préparation sérieuse est la première mesure pour le contrôler.
Pour que la checklist fonctionne, elle doit être exécutée dans le même ordre à chaque plongée. Pas parce que l'ordre est sacré, mais parce qu'une routine d'exécution constante réduit le risque de saut d'étapes.
L'idéal : une checklist imprimée sur une ardoise de plongée ou dans une application disponible avant l'entrée à l'eau. Pour les débutants, la lire à voix haute avec le binôme. Pour les photographes confirmés, la passer en tête-à-tête silencieux avec soi-même, en cochant mentalement chaque point.
Si vous voulez progresser de façon structurée sur la sécurité du plongeur-photographe, la formation photo sous-marine AquaExposure couvre l'ensemble du tableau, de la préparation à la sortie de l'eau.
AquaExposure ne touche aucune commission d'affiliation sur le matériel cité dans ses articles. Les recommandations sont basées uniquement sur l'expérience terrain.
Entre 8 et 12 minutes pour une checklist complète en conditions normales. Ce temps diminue avec l'habitude, mais ne devrait jamais passer sous les 5 minutes. Une vérification rapide bâclée vaut moins qu'une vérification sérieuse courte. L'objectif n'est pas d'aller vite, c'est de ne rien oublier.
Oui, même si vous avez plongé la veille avec le même caisson. Les joints toriques se déplacent, des corps étrangers peuvent s'être logés dans la gorge du joint, et les conditions de pression varient. La vérification visuelle du joint et le test de fermeture prennent 2 minutes. Une infiltration sous l'eau peut coûter l'appareil et la plongée.
Rester calme. Si c'est un réglage photo, ajuster sous l'eau sans précipiter. Si c'est un paramètre de sécurité (air inférieur au minimum prévu, binôme non briefé sur les signaux), remonter selon les procédures normales. La checklist existe pour éviter cette situation. Quand elle est sautée, il faut accepter les conséquences avec sang-froid.
Le socle reste le même, mais certaines plongées demandent des points supplémentaires. Plongée de nuit : vérifier les lampes et les bâtons lumineux. Plongée en courant : vérifier le parachute de palier et la communication avec le guide. Plongée macro : vérifier la lentille et la distance de mise au point minimale.
Peu importe le support, ce qui compte c'est qu'elle existe et qu'elle soit consultée. Une checklist mémorisée est acceptable pour les photographes très expérimentés, mais avec le risque de sauter des points en mode automatique. Un support physique (ardoise, carnet waterproof, application sur téléphone avant l'entrée à l'eau) réduce ce risque.
C'est un échange de 2 minutes avant la mise à l'eau pour aligner les attentes. Qui photographie quoi, quels signaux on utilise pour la photo en plus des signaux standards, quel est le signal d'alerte, comment on gère l'attente quand l'un photographie et l'autre surveille. Sans ce briefing, le binôme est souvent en tension sous l'eau sans comprendre pourquoi.
Après l'équipement, mais avant l'entrée à l'eau. L'ordre recommandé : équipement de plongée complet, vérification binôme (ABCDE), puis réglages photo et fermeture du caisson. Fermer le caisson en dernier réduit le temps d'attente avec les joints sous pression et le risque de condensation si vous avez touché les optiques avec les mains.