
Notre test complet du Cressi Leonardo, le grand classique des ordinateurs de plongée loisir. Faut-il encore l'acheter face au Donatello ?
L'apprentissage de la plongée sous-marine est une aventure qui bouscule nos repères terrestres. Lors des premières immersions, le cerveau du plongeur débutant est saturé d'informations nouvelles.
Il doit gérer sa flottabilité, surveiller sa respiration et s'adapter à un environnement liquide qui ne pardonne pas l'inattention. Dans ce contexte d'apprentissage intense, l'équipement doit se faire oublier.
C'est précisément dans cette optique de simplification extrême que certains instruments ont forgé leur légende au fil des décennies. On les retrouve accrochés aux gilets des élèves dans les centres de formation.
Ils rassurent par leur présence familière, leur conception basique et leur capacité à encaisser les erreurs de manipulation inhérentes aux premiers pas sous l'eau.
Le Cressi Leonardo appartient indéniablement à cette catégorie d'instruments historiques. Il a défini la notion même de premier achat pour toute une génération de passionnés.
Aujourd'hui remplacé par le Donatello dans le catalogue principal du fabricant italien, il continue pourtant d'inonder le marché de l'occasion et les bacs de déstockage.
Ce test vise à analyser objectivement ses capacités actuelles. Nous allons déterminer si cette conception ancienne à un seul bouton mérite encore sa place à votre poignet.
L'évolution technologique fulgurante des dernières années a redéfini les standards de l'industrie. Les écrans couleurs haute définition et les algorithmes personnalisables sont devenus monnaie courante.
Face à cette déferlante d'innovations, un ordinateur monochrome basique peut sembler anachronique. Pourtant, la fiabilité d'un système éprouvé conserve un attrait indéniable pour de nombreux pratiquants.
La sécurité prime toujours sur l'équipement. Un ordinateur de plongée est une aide à la décision, jamais une garantie absolue. Son algorithme est un modèle mathématique, pas un reflet exact de votre physiologie.
Nous allons décortiquer chaque aspect de cet appareil pour comprendre s'il répond toujours aux exigences de sécurité contemporaines.
Score global : 3.0/5
| Critère | Score | Ce que ça veut dire |
|---|---|---|
| Algorithme & paliers | 3.4/5 | Le classique Cressi RGBM offre une approche très, très, très sécurisante pour les profils loisir. |
| Air & multi-gaz | 1.7/5 | Le strict minimum syndical avec la gestion d'un seul gaz à l'air ou au Nitrox jusqu'à 50%. |
| Écran & ergonomie | 2.6/5 | L'affichage est d'une lisibilité si directe que l'information saute aux yeux, mais le bouton unique frustre la navigation. |
| Autonomie & pile | 3.7/5 | Une excellente gestion de l'énergie couplée à une pile CR2430 que l'utilisateur peut changer lui-même. |
| Connectivité & appli | 2.6/5 | Une interface infrarouge vers USB vieillissante qui demande l'achat d'un câble spécifique vendu séparément. |
| Boussole & instruments | 2.1/5 | Les données essentielles de profondeur et de temps sont là, sans boussole ni mode apnée avancé. |
| Solidité & profondeur | 3.5/5 | Un boîtier massif certifié à 120 mètres qui encaisse les chocs typiques des centres de formation. |
| Prix & SAV | 4.1/5 | Un tarif souvent dérisoire en fin de vie commerciale soutenu par un service après-vente européen de proximité. |
La gestion de la décompression est le cœur battant de tout ordinateur de plongée. Le Leonardo s'appuie sur l'algorithme propriétaire Cressi RGBM.
Ce modèle mathématique a été développé en collaboration avec le chercheur Bruce Wienke. Il est réputé pour son approche conservatrice.
Cette prudence algorithmique est un atout majeur pour la prévention des accidents de décompression chez les plongeurs loisir qui enchaînent les immersions successives lors d'un séjour.
Les Gradient Factors ne sont pas réglables manuellement sur cette machine. Le système propose néanmoins trois facteurs de sécurité paramétrables pour durcir les calculs selon votre fatigue.
Le niveau SF0 correspond au réglage standard pour des conditions optimales. Le niveau SF1 ajoute une marge de sécurité pour les plongées plus engagées ou une légère fatigue.
Le niveau SF2 est le plus restrictif, idéal pour les eaux froides ou les profils inversés. L'affichage se concentre sur l'essentiel avec le temps avant remontée et la profondeur du palier obligatoire.
Les alertes sont sonores et visuelles pour une remontée trop rapide dépassant les dix mètres par minute. Une alerte graphique prévient également de la toxicité de l'oxygène.
C'est une base saine, éprouvée et protectrice pour les profils récréatifs. L'absence de personnalisation fine des micro-bulles limite cependant son usage pour les plongeurs techniques.
La simplicité a ses limites quand on aborde la planification avancée. Cet instrument est un ordinateur mono-gaz pur. Vous devez le paramétrer sur Air ou sur Nitrox avant la mise à l'eau.
Le pourcentage d'oxygène est réglable de 21% à 50%. La pression partielle d'oxygène s'ajuste entre 1.2 et 1.6 bar. Il est techniquement impossible de changer de gaz sous l'eau.
Cette limitation le cantonne aux plongées sans changement de bloc. Les modes Trimix ou recycleur sont logiquement absents de cette gamme de prix.
L'intégration air par émetteur n'est pas disponible non plus. Cette absence d'intégration n'impacte pas notre notation selon notre référentiel pour cette catégorie d'entrée de gamme.
Il faudra impérativement conserver un manomètre analogique classique sur votre détendeur pour surveiller votre réserve de gaz.
Pour un plongeur débutant, cette restriction mono-gaz est en réalité une sécurité supplémentaire. Elle évite les erreurs de manipulation complexes sous l'eau lors des premières explorations.
Cependant, dès que vous souhaiterez optimiser votre décompression avec un bloc relais suroxygéné, cet ordinateur montrera ses limites infranchissables.
L'interface visuelle repose sur un écran LCD à segments monochromes. L'affichage compartimente intelligemment les informations vitales avec des chiffres immenses.
La lisibilité est si directe que même avec une visibilité dégradée, les données essentielles restent parfaitement déchiffrables au premier coup d'œil.
Un rétroéclairage temporaire vient épauler la lecture lors des plongées de nuit ou dans les environnements sombres. L'ergonomie physique est en revanche le grand point faible de ce modèle.
La navigation repose sur un unique bouton mécanique. Il faut effectuer un appui court pour faire défiler les menus de manière séquentielle dans un seul sens.
Un appui long permet de valider un choix. Si vous ratez le paramètre désiré, vous êtes condamné à refaire toute la boucle du menu depuis le début.
Cette logique de navigation demande de la patience, de la méthode et de l'indulgence. C'est un apprentissage parfois frustrant pour les habitués des interfaces tactiles modernes.
Le port de gants épais en eau froide complique encore la manipulation de ce bouton unique. La pression requise pour l'activer demande une certaine force qui peut s'avérer fastidieuse.
L'électronique basique présente un avantage indéniable sur la consommation d'énergie. Le Leonardo est un chameau numérique.
Son autonomie est estimée à environ deux ans ou une cinquantaine de plongées selon l'utilisation du rétroéclairage et des alarmes sonores.
Une jauge de batterie clairement visible sur l'écran principal permet d'anticiper la fin de vie de la source d'énergie avant le départ en voyage.
L'appareil utilise une pile bouton CR2430 tout à fait standard. Le compartiment étanche est conçu pour être ouvert par l'utilisateur sans outil spécifique.
Une simple pièce de monnaie suffit pour dévisser le capot et procéder au remplacement. Cette autonomie technique est un soulagement immense pour les plongeurs voyageurs.
Il n'est plus nécessaire de renvoyer l'ordinateur en atelier pour une simple opération de maintenance. Cela réduit considérablement les coûts d'utilisation à long terme.
Il est toutefois crucial de respecter scrupuleusement les consignes de propreté lors du changement de pile pour éviter toute infiltration d'eau destructrice.
La mémoire interne de l'ordinateur conserve l'historique d'environ soixante plongées ou soixante-dix heures d'immersion.
L'extraction de ces précieuses données vers un carnet de plongée numérique révèle l'âge de la conception. Il n'y a pas de puce Bluetooth native intégrée au boîtier.
Pour synchroniser vos profils, vous devez acquérir une interface spécifique vendue séparément. Ce socle utilise une connexion infrarouge vers l'ordinateur.
Le transfert via le logiciel propriétaire Cressi est lent et peu interopérable avec les carnets de plongée tiers modernes.
C'est une procédure vieillissante à l'heure où la synchronisation sans fil vers un smartphone est devenue la norme absolue sur les bateaux de croisière.
L'analyse de vos profils de plongée demande donc de s'asseoir devant un ordinateur de bureau avec un câble encombrant.
La tenue d'un carnet de plongée numérique est une excellente habitude pour suivre sa progression et analyser sa consommation de gaz au fil du temps.
Cette contrainte matérielle décourage souvent les plongeurs de tenir leur carnet de plongée numérique à jour de manière régulière.
L'instrumentation se concentre exclusivement sur la fonction première de calcul de décompression. Il n'y a pas de boussole électronique intégrée pour vous aider à naviguer sur le récif.
Les amateurs d'apnée ne trouveront pas non plus de mode dédié avec un échantillonnage ultra-rapide de la profondeur.
L'appareil propose trois modes de fonctionnement : Air, Nitrox et Gauge. Le mode Gauge transforme l'ordinateur en un simple profondimètre couplé à un chronomètre.
Ce mode est utile pour les plongeurs techniques qui calculent leur décompression aux tables ou pour une utilisation en redondance.
Un capteur de température affiche la chaleur de l'eau en continu tout au long de la plongée pour surveiller votre confort thermique.
L'orientation sous-marine est une compétence fondamentale qui demande de la pratique régulière. L'utilisation d'un compas analogique traditionnel reste la méthode la plus fiable pour apprendre les bases de la navigation.
L'absence de boussole numérique vous obligera à investir dans un compas analogique séparé pour vos exercices d'orientation sous-marine.
Le boîtier en technopolymères est un véritable palet de hockey. Il est épais, massif et conçu pour résister aux pires traitements.
L'environnement marin est particulièrement hostile pour l'électronique de précision. Le sel, le sable, le soleil et les chocs thermiques mettent les matériaux à rude épreuve.
Les centres de plongée l'apprécient pour sa capacité à survivre aux chocs contre les échelles de bateau et aux chutes accidentelles sur le pont.
La profondeur maximale d'utilisation est certifiée à 120 mètres. C'est une marge de sécurité colossale pour un instrument destiné à la plongée récréative.
L'écran LCD est protégé par la structure du boîtier, mais la vitre reste sujette aux rayures si elle n'est pas recouverte de sa protection en plastique transparent.
Il est vivement conseillé de maintenir cette protection amovible en place pour préserver la lisibilité à long terme de votre investissement.
Le bracelet en élastomère est solide et suffisamment long pour s'adapter par-dessus une combinaison étanche épaisse sans nécessiter d'extension.
Le positionnement tarifaire est l'argument massue de ce modèle en fin de vie commerciale. On le trouve souvent bradé aux alentours de 150 à 180 euros en neuf.
Le marché de l'occasion regorge d'unités à des prix encore plus bas. C'est une porte d'entrée financièrement imbattable pour s'équiper d'un instrument de sécurité personnel.
Le service après-vente Cressi est un acteur historique européen de proximité, basé en Italie et en Espagne. Le suivi est bon et les pièces de rechange sont facilement disponibles.
Le fabricant applique cependant des conditions de garantie strictes. Une panne due à une erreur de l'utilisateur ne bénéficiera que de très peu de tolérance de la part du SAV.
La disponibilité des pièces détachées comme les bracelets ou les protections d'écran est garantie pour de nombreuses années encore.
Le Cressi Leonardo s'adresse en priorité au plongeur loisir de niveau 1 disposant d'un budget extrêmement serré. C'est l'instrument typique des premières bulles.
Le choix d'un premier ordinateur conditionne souvent la progression d'un plongeur. Il est crucial de définir ses ambitions à moyen terme avant de valider son achat.
Il convient parfaitement à celui qui cherche un outil basique, indestructible et qui se contente de plonger à l'air ou au Nitrox simple lors de ses vacances annuelles.
À l'inverse, ce modèle n'est pas idéal pour le plongeur régulier qui souhaite évoluer vers des plongées avec décompression multi-gaz.
Ceux qui aiment analyser leurs profils d'immersion sur leur smartphone dès le retour sur le bateau seront profondément frustrés par l'absence de Bluetooth.
Enfin, si vous manquez de patience face aux interfaces numériques, la navigation à un seul bouton risque de vous exaspérer rapidement.
La pérennité d'un investissement matériel repose largement sur la qualité du support technique du fabricant. Cressi dispose d'un service après-vente européen solidement implanté.
Cette proximité géographique depuis l'Italie et l'Espagne permet des délais de traitement généralement raisonnables pour les réparations et les révisions.
Il faut néanmoins garder à l'esprit que la marque applique une politique stricte concernant les conditions de garantie.
Les techniciens font preuve de peu de tolérance face aux pannes résultant d'une négligence de l'utilisateur.
Un noyage consécutif à un changement de pile mal exécuté ou à un joint torique non graissé sera systématiquement facturé.
Cette rigueur impose au propriétaire d'être méticuleux, attentif et précautionneux lors des opérations d'entretien courant.
Le réseau de revendeurs agréés est vaste, ce qui facilite la prise en charge initiale de votre matériel en cas de dysfonctionnement avéré.
La gestion de l'énergie est un facteur de tranquillité d'esprit lors des séjours lointains. Le choix d'une pile bouton CR2430 remplaçable par l'utilisateur est une décision technique très pertinente.
L'autonomie énergétique est souvent sous-estimée lors de l'achat. Pourtant, une panne de batterie au milieu d'un séjour de plongée peut ruiner vos vacances si vous ne disposez pas d'une solution de rechange immédiate.
Vous n'êtes pas dépendant d'un chargeur propriétaire ou d'une prise de courant disponible sur un bateau de croisière.
Il suffit de glisser une ou deux piles de rechange dans votre sac de plongée pour garantir le fonctionnement de votre instrument au bout du monde.
Le remplacement s'effectue en quelques minutes avec une simple pièce de monnaie.
Il faut veiller à travailler dans un environnement sec, propre et bien éclairé pour s'assurer qu'aucun grain de sable ne vienne compromettre l'étanchéité du joint torique.
L'application d'une infime quantité de graisse silicone sur le joint neuf est recommandée pour assurer une étanchéité parfaite lors de la fermeture du compartiment.
Pour savoir quelle pile acheter pour cet ordinateur, découvrez notre guide complet sur les piles d'ordinateurs de plongée. Pour apprendre à réaliser le changement vous-même étape par étape sans risquer la noyade, lisez notre tutoriel complet pour changer sa pile soi-même.
Si la philosophie de la marque italienne vous séduit mais que les limitations du Leonardo vous freinent, d'autres options existent au sein du catalogue.
Le successeur direct est le Donatello, qui modernise l'affichage et introduit enfin la connectivité Bluetooth tant attendue.
Vous pouvez découvrir notre analyse détaillée de ce modèle sur notre test du Cressi Donatello.
Pour ceux qui refusent catégoriquement la navigation à un seul bouton, le fabricant propose des alternatives plus ergonomiques.
Le Giotto, par exemple, intègre trois boutons pour une navigation fluide dans les menus, tout en conservant l'algorithme RGBM sécurisant.
N'hésitez pas à consulter notre test du Cressi Giotto pour évaluer si ce confort d'utilisation justifie l'investissement supplémentaire.
Comprendre la décompression est bien plus vital que de savoir sur quel bouton appuyer. La maîtrise de vos plongées passe par la connaissance, la pratique et la remise en question permanente.
Pour comparer cet ordinateur avec d'autres modèles, retrouve notre comparateur d'ordinateurs de plongée
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Le Donatello est le successeur direct du Leonardo. Il offre un écran légèrement plus lisible, un boîtier affiné et une connectivité Bluetooth optionnelle, là où le Leonardo se limite à une connexion infrarouge ou USB plus ancienne.
Oui, il gère un seul gaz avec un pourcentage d'oxygène réglable de 21% pour l'air à 50% pour le Nitrox, avec réglage de la pression partielle d'oxygène entre 1.2 et 1.6 bar.
Oui, l'ordinateur utilise une pile bouton CR2430 standard. L'utilisateur peut la changer lui-même facilement à l'aide d'une simple pièce de monnaie.