9:16, 4:3, 16:9 : les vrais formats derrière le vertical et le paysage, et ce que l'écran des smartphones pliables change concrètement pour filmer et regarder vos vidéos de plongée.
On regarde nos écrans en mode portrait depuis si longtemps qu'on a fini par filmer de la même façon, sans même se poser la question. Le smartphone se tient naturellement en une main, verticalement, et des années de scroll sur les réseaux sociaux ont transformé cette posture en réflexe. Sous l'eau, ce réflexe s'est installé aussi. La grande majorité des vidéos de plongée tournées au smartphone sont verticales, pas parce que c'est le bon choix pour la scène, mais parce que c'est la position par défaut du téléphone entre les mains.
Il y a une actualité récente qui m'a fait reprendre cette question à zéro, et je me suis rendu compte que le sujet mérite d'être expliqué depuis le début, pour ceux qui n'ont pas suivi ces changements de près.
Un format vidéo, c'est simplement le rapport entre la largeur et la hauteur de l'image. Voici les repères utiles, sans jargon.
Le 9:16 est le format vertical que tout le monde connaît sans forcément le nommer. C'est celui des Reels, des Stories et de TikTok, deux fois plus haut que large. Il correspond très exactement à la forme d'un téléphone tenu en main, ce qui explique pourquoi il s'est imposé aussi vite.
Le 1:1, carré, a eu son heure de gloire aux débuts d'Instagram. On le voit moins aujourd'hui, mais il reste utile pour certaines vignettes.
Le 4:3 est un format plus ramassé, presque carré, hérité de la photo argentique et des anciens téléviseurs. C'est un format qui a longtemps été la norme avant l'arrivée du grand écran large.
Le 16:9 est le format large standard depuis une bonne quinzaine d'années. C'est celui de la plupart des vidéos YouTube, des téléviseurs modernes et du cinéma grand public.
Le 21:9, plus rare, s'approche du format cinéma ultra-large, celui qu'on associe aux films à grand spectacle.
Le format vertical (9:16) domine aujourd'hui la vidéo consommée sur smartphone. Pas parce qu'il est objectivement meilleur, mais parce qu'il colle à la forme de l'appareil qu'on tient en main.
DiveVolk vient de confirmer la compatibilité de son caisson SeaTouch 4 Max Platinum V2 avec le vivo X Fold6, le premier smartphone pliable réellement utilisable en plongée. Un réalisateur a déjà tourné un film complet au Great Blue Hole du Belize avec cette configuration.
Voici où il faut être précis, parce que l'idée reçue est trompeuse. Un smartphone pliable déplié n'offre pas un écran de cinéma en 16:9 ou en 21:9. Sur le vivo X Fold6, l'écran intérieur affiche un format proche de 4:3.7, presque carré. Sur le Galaxy Z Fold8 que Samsung vient de présenter dans une version plus large, l'écran extérieur replié reste vertical en 10:16, pratiquement identique à un smartphone classique, pour tout ce qui concerne le scroll et les réseaux sociaux. Une fois déplié, l'écran principal bascule sur un format 4:3, nettement plus carré que large.
Concrètement, ça veut dire qu'un pliable ne transforme pas votre téléphone en petit cinéma portable. Il vous donne un écran intermédiaire, ni franchement vertical ni franchement large, qui a un effet précis : il réduit fortement les bandes noires quand vous regardez une vidéo tournée en 16:9, sans pour autant devenir un écran taillé uniquement pour le paysage. C'est cette nuance qui change la donne, pas la promesse d'un écran géant façon salle de cinéma.
C'est la vraie question derrière tout ça, et elle mérite d'être posée clairement pour qui ne suit pas ces évolutions au quotidien.
Aujourd'hui, le format vertical domine autant à la lecture qu'au tournage, et les deux se renforcent l'un l'autre. Un téléphone classique est une longue bande verticale. Regarder une vidéo en 16:9 dessus impose soit de petites bandes noires en haut et en bas de l'écran en le gardant vertical, soit de tourner le téléphone à l'horizontale, ce qui est un geste qu'on fait de moins en moins par simple habitude. Cette friction, minime mais répétée des milliards de fois, a poussé les plateformes à privilégier le format vertical, et les créateurs à filmer en conséquence. Le format n'a pas été choisi pour sa qualité, il s'est imposé parce que l'appareil qu'on tient en main le rendait plus confortable.
Un écran pliable, une fois déplié dans un format proche du carré, retire une bonne partie de cette friction. Une vidéo en 16:9 s'y affiche avec beaucoup moins de perte d'espace que sur un écran de smartphone classique tenu verticalement, sans obliger à tourner l'appareil. Ça ne rend pas le format paysage obligatoire du jour au lendemain, mais ça enlève une des raisons techniques qui poussaient tout le monde vers le vertical par défaut.
Il faut rester honnête sur l'ampleur du changement. Les smartphones pliables restent une petite part du marché, et l'écran extérieur replié, celui qu'on utilise la majorité du temps pour les usages rapides, reste lui-même vertical. Le changement ne concerne donc pour l'instant que les usages où l'utilisateur prend la peine de déplier son téléphone, typiquement pour regarder un contenu plus long ou pour filmer une scène large. Mais si les pliables continuent à se démocratiser, et si des marques comme DiveVolk continuent à sortir des caissons compatibles, la lecture du format paysage pourrait redevenir un usage courant plutôt qu'une exception, à mesure que l'appareil dans la poche des plongeurs change de forme.
Rien n'oblige à choisir un seul format une fois pour toutes. La solution la plus simple reste de garder les deux réflexes disponibles et de les mobiliser selon la scène plutôt que par automatisme. Portrait (9:16) pour un sujet isolé destiné à un format court. Paysage (16:9 ou proche) pour une scène large, un environnement, un moment qui mérite d'être montré dans son ensemble.
Ça vaut aussi pour vos prises de vue actuelles, avant même de passer à un pliable. Sur un Samsung Galaxy ou n'importe quel autre smartphone, reprendre l'habitude de filmer certaines scènes en paysage, plutôt que de tout cadrer par défaut en vertical, change déjà la qualité de ce que vous ramenez d'une plongée. Le format ne dépend pas de l'appareil, il dépend de la décision qu'on prend avant de déclencher.
Si le sujet de la reconfiguration des capteurs sur le prochain Galaxy S27 vous intéresse, nous l'avons détaillé de notre côté dans notre article sur le Galaxy S27 et le retour du format paysage. Ici, le vrai changement à retenir n'est pas dans un futur capteur. Il est dans une habitude à reprendre dès la prochaine plongée, et dans la forme même des écrans qui, petit à petit, cesse d'imposer le vertical par défaut.
Pour apprendre à choisir votre cadrage et votre format selon le sujet filmé sous l'eau, découvrez la formation photo sous-marine AquaExposure.
Par habitude plus que par choix. Le smartphone se tient naturellement en une main en mode portrait, dans un format proche de 9:16, et des années de réseaux sociaux consommés en scroll vertical ont renforcé ce réflexe. Résultat, beaucoup de plongeurs cadrent en vertical sans se demander si c'est le bon format pour la scène filmée.
Le 9:16 est le format vertical des Reels, Stories et TikTok, calqué sur la forme naturelle d'un téléphone tenu en main. Le 1:1 est le format carré popularisé par les débuts d'Instagram. Le 4:3 est un format plus carré hérité de la photo et de la télévision classique. Le 16:9 est le standard vidéo large, celui de la majorité des vidéos YouTube et des téléviseurs. Le 21:9, plus rare, est un format cinéma ultra-large.
Non, et c'est un point souvent mal compris. Un smartphone pliable déplié n'obtient pas un écran ultra-large façon cinéma. Sur le vivo X Fold6, l'écran intérieur affiche un format proche de 4:3.7, presque carré. Sur le nouveau Galaxy Z Fold8, Samsung revendique un écran intérieur en 4:3 une fois déplié, contre un écran extérieur en 10:16 une fois replié. C'est un format intermédiaire, ni vraiment vertical ni vraiment large, qui réduit fortement les bandes noires sur une vidéo horizontale sans devenir un écran de cinéma.
Oui, mais pas en rendant le format paysage obligatoire. En donnant à l'écran une forme plus carrée une fois déplié, ils suppriment la contrainte physique qui poussait tout le monde vers le vertical. Avec l'arrivée de caissons de plongée compatibles avec ces appareils, filmer et regarder en paysage sous l'eau redevient une option confortable, pas seulement théorique.
Le portrait reste pertinent pour les formats courts consultés sur smartphone, type réseaux sociaux, où le sujet est un poisson ou un plongeur isolé dans le cadre. Il capte moins d'information mais s'adapte mieux à l'écran d'un téléphone tenu verticalement.
Pour tout ce qui a besoin d'espace horizontal, un récif entier, un banc de poissons qui traverse le champ, une épave dans son ensemble, ou une scène large avec plusieurs sujets. Le paysage capte davantage d'information et vieillit mieux dans le temps qu'un clip vertical pensé pour un seul usage.
Le plus simple reste de garder les deux réflexes disponibles selon la scène, plutôt que de figer un choix par défaut. Certains plongeurs alternent dans la même plongée, portrait pour un sujet isolé, paysage pour une scène large, et trient ensuite au montage selon la destination finale de l'image.
La formation AquaExposure aborde le choix du cadrage et du format selon le sujet filmé et la destination finale de l'image, en plus des réglages techniques propres à la vidéo sous-marine.