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Sommaire
  • 01Qu'est-ce qu'iNaturalist et pourquoi ça change quelque chose
  • 02Créer un compte et télécharger l'application
  • 03Poster une observation marine : les étapes concrètes
  • 04Pendant ou juste après la plongée
  • 05Créer l'observation dans l'application
  • 06Ce que fait ensuite la communauté
  • 07Les métadonnées qui font la différence
  • 08Research Grade : comment y arriver
  • 09Les projets marins à rejoindre
  • 010Les erreurs à éviter
ETHIQUE 8 minBenjamin Coste

iNaturalist pour les plongeurs : contribuer à la science marine avec ses photos

Guide pratique iNaturalist pour plongeurs photographes. Poster une observation marine, atteindre Research Grade, rejoindre les projets citoyens. Chaque photo de plongée peut devenir une donnée scientifique réelle.

La première observation que j'ai postée sur iNaturalist était un nudibranche photographié à 12 mètres dans la réserve de Banyuls-sur-Mer, en 2019. Je ne connaissais pas l'espèce avec certitude. En moins de deux heures, un membre de la communauté basé en Espagne avait identifié Hypselodoris picta et ajouté une référence bibliographique. Ma photo, prise avec un compact étanche, était devenue une donnée scientifique localisée.

C'est ça, iNaturalist. Pas un réseau social de photos de nature. Une infrastructure de connaissance collective où chaque observation d'un photographe de plongée peut alimenter des bases de données utilisées par des chercheurs du monde entier.

En une phrase : iNaturalist transforme vos photos de plongée en données scientifiques exploitables, sans formation préalable et en moins de cinq minutes par observation.

Qu'est-ce qu'iNaturalist et pourquoi ça change quelque chose

iNaturalist est une plateforme fondée en 2008 par l'Université de Californie à Berkeley, gérée aujourd'hui conjointement par la California Academy of Sciences et la National Geographic Society. La base de données compte plus de 200 millions d'observations dans le monde, dont une part significative d'observations marines.

Pour un plongeur-photographe, l'intérêt est immédiat : vous faites déjà les photos. Le seul effort supplémentaire est de les poster avec les bonnes métadonnées, et la communauté s'occupe de l'identification.

Les données Research Grade (voir plus bas) sont automatiquement versées dans GBIF (Global Biodiversity Information Facility), la plus grande agrégation de données de biodiversité mondiale, utilisée par des milliers de publications scientifiques chaque année.

Ce n'est pas une contribution abstraite. Des observations de plongeurs ont permis de documenter des espèces invasives en Méditerranée (notamment le poisson-ballon Lagocephalus sceleratus le long des côtes françaises), de suivre des changements de distribution liés au réchauffement, et d'identifier des espèces dans des zones sans couverture scientifique professionnelle.

Créer un compte et télécharger l'application

La procédure prend trois minutes sur inaturalist.org. L'application mobile est disponible sur iOS et Android. Elle permet de créer des observations hors ligne, pratique pour les destinations avec une connectivité limitée. La synchronisation et l'identification automatique (via un modèle de reconnaissance visuelle entraîné sur des millions d'observations) se font une fois reconnecté.

L'interface est disponible partiellement en français, mais la communauté francophone est active, notamment pour les espèces méditerranéennes et les eaux belges et bretonnes.

Poster une observation marine : les étapes concrètes

Pendant ou juste après la plongée

Notez sur un slate ardoise ou une note vocale dès la remontée : la profondeur approximative à laquelle vous avez observé l'animal, le comportement (au repos, en déplacement, en interaction avec un autre animal), et la localisation aussi précise que possible (nom du site, coordonnées GPS si votre ordinateur de plongée en dispose).

Ces informations se perdent vite. Un quart d'heure après la plongée, la profondeur exacte est floue. Deux jours après, le comportement n'existe plus dans votre mémoire. Prenez 90 secondes à la sortie de l'eau.

Créer l'observation dans l'application

Dans l'application ou sur le site, créez une nouvelle observation et associez votre photo - ou plusieurs photos du même individu sous différents angles.

Les champs à remplir :

Date et heure : automatiquement extraites des métadonnées EXIF si votre appareil photo les enregistre correctement. Vérifiez que l'heure de votre appareil était bien réglée avant la plongée.

Localisation : le champ GPS est indispensable pour que l'observation soit exploitable scientifiquement. Sur le site, vous placez manuellement un point sur la carte. Dans l'application, le téléphone géolocalise automatiquement si la localisation est active.

Taxon : entrez le nom que vous pensez correspondre à l'animal observé. Si vous ne savez pas, entrez "Poisson" ou "Invertébré marin" et laissez la communauté affiner. L'IA de reconnaissance visuelle intégrée propose des suggestions depuis vos photos.

Notes : c'est ici que vous ajoutez la profondeur, le comportement, le contexte (fond rocheux, herbier de posidonie, corail, sable), la température approximative si votre ordinateur la mesure.

Ce que fait ensuite la communauté

Les membres examinent vos observations et proposent des identifications ou confirment la vôtre. Deux accords au niveau espèce suffisent pour que l'observation passe en Research Grade. Si personne n'identifie, l'observation reste en attente : c'est normal pour les espèces rares ou les photos peu nettes.

Les métadonnées qui font la différence

La localisation GPS est le premier critère de valeur scientifique. Sans coordonnées précises, la donnée perd une grande partie de son utilité pour les analyses de distribution et de changement d'habitat. Activez toujours le GPS de votre téléphone avant de créer une observation.

La date est le deuxième critère. Elle permet de suivre les patterns temporels (saisonnalité, migration, effets du réchauffement). Une observation sans date ne peut pas être intégrée dans les analyses temporelles.

La profondeur n'est pas un champ standard dans iNaturalist, mais elle peut être précisée dans les notes. Pour certaines espèces (nudibranches à répartition bathymétrique précise, poissons des eaux profondes documentés sur des sites peu visités), c'est une information qui peut faire la différence dans l'identification.

Les photos multiples augmentent fortement les chances d'identification. Un nudibranche photographié sous trois angles (dessus, profil, détail des branchies) sera identifié bien plus facilement qu'une seule photo de dessus. Pour les poissons, les deux flancs et le détail de la nageoire caudale accélèrent souvent la validation.

Research Grade : comment y arriver

Une observation atteint le statut Research Grade quand trois conditions sont réunies : localisation GPS présente, date renseignée, et identification confirmée au niveau de l'espèce par au moins deux membres de la communauté (dont un qui n'est pas l'observateur). Ce statut est automatiquement transmis à GBIF, ce qui transforme votre photo en donnée scientifique réelle.

Pour y arriver plus vite : soignez vos photos (nettes, plusieurs angles si possible), renseignez les métadonnées complètes dès la création, et commencez par des espèces relativement communes et faciles à identifier. Les nudibranches méditerranéens, les poissons de récif bien documentés, et les céphalopodes ont généralement des communautés d'identification actives et réactives.

Si une observation reste en attente plusieurs semaines, vérifiez que la localisation et la date sont présentes et que la photo permet une identification raisonnable. Vous pouvez aussi tagguer des experts d'une espèce dans les commentaires de votre observation pour accélérer le processus.

Les projets marins à rejoindre

iNaturalist fonctionne par projets thématiques et géographiques. Rejoindre un projet permet à vos observations d'être intégrées dans des suivis coordonnés avec des objectifs scientifiques précis.

Projets francophones et méditerranéens : - Méditerranée Biodiversité : suivi général de la biodiversité méditerranéenne, nombreux contributeurs français, italiens et espagnols, espèces de toutes tailles - Espèces invasives Méditerranée : focus sur les espèces non indigènes, dont le poisson-ballon et le crabe bleu, données utilisées par des équipes de recherche européennes - iNaturalist Belgium : projet national avec des animateurs actifs pour les eaux belges

Projets spécialisés internationaux : - MantaMatcher : identification individuelle des raies manta par pattern ventral, compatible avec les techniques de photo-identification des cétacés et poissons - iSeahorse : hippocampes du monde entier, avec un suivi des populations dans les zones sous pression

Les erreurs à éviter

Poster sans localisation. C'est l'erreur la plus fréquente et la plus coûteuse en valeur scientifique. Activez systématiquement le GPS avant de créer une observation. Une observation sans localisation contribue à la communauté d'identification mais n'alimente pas les données de distribution.

Identifier trop vite avec certitude. Mieux vaut une identification partielle (famille ou genre) qu'une identification fausse au niveau espèce. Les erreurs de taxon polluent les données et demandent du travail à la communauté pour être corrigées.

Poster une seule photo floue. Une observation difficile à identifier restera en attente indéfiniment. Si vous n'avez qu'une photo de mauvaise qualité, postez-la en signalant dans les notes que la qualité est limitée. Parfois, même une photo imparfaite suffit pour une identification de famille.

Oublier le contexte. L'habitat (fond rocheux, herbier de posidonie, corail, zone pélagique), la profondeur et le comportement sont des informations que vous seul pouvez fournir au moment de l'observation. La communauté ne peut pas deviner.

La photo sous-marine est l'une des rares disciplines où la qualité artistique et la valeur scientifique se superposent. Une photo bien exposée, nette, avec les bons caractères visibles, est à la fois belle et utile. Pour aller plus loin sur l'usage de l'identification par intelligence artificielle en plongée, l'article identifier les espèces marines avec l'IA comme photographe citoyen donne le cadre complet. Et pour comprendre comment ces contributions citoyennes participent aux découvertes scientifiques récentes, l'article sur les découvertes marines en 2026 montre la portée réelle de ces pratiques.

Le cadre éthique dans lequel s'inscrit cette démarche est développé dans l'article sur la photographie sous-marine, éthique et science citoyenne.

Vous voulez apprendre à faire des photos suffisamment nettes et documentées pour atteindre Research Grade sur la majorité de vos observations ? La formation AquaExposure intègre la technique photo et l'approche éthique qui font la différence entre une photo souvenir et une photo utile.

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Sommaire

  • 01Qu'est-ce qu'iNaturalist et pourquoi ça change quelque chose
  • 02Créer un compte et télécharger l'application
  • 03Poster une observation marine : les étapes concrètes
  • 04Pendant ou juste après la plongée
  • 05Créer l'observation dans l'application
  • 06Ce que fait ensuite la communauté
  • 07Les métadonnées qui font la différence
  • 08Research Grade : comment y arriver
  • 09Les projets marins à rejoindre
  • 10Les erreurs à éviter

Questions sur le Journal

Faut-il être biologiste pour utiliser iNaturalist ?

Non. iNaturalist est conçu pour les curieux de nature, pas pour les scientifiques. L'identification peut être approximative au genre ou à la famille : la communauté affine ensuite. Plus vos photos sont nettes et contextualisées, plus l'identification sera rapide et précise.

Comment atteindre le statut Research Grade sur iNaturalist ?

Une observation atteint Research Grade quand au moins deux membres de la communauté s'accordent sur l'identification au niveau de l'espèce, et que l'observation comporte une localisation GPS et une date valide. C'est ce niveau qui permet aux chercheurs d'utiliser vos données dans leurs analyses.

Peut-on poster des observations depuis une plongée ?

Pas en temps réel sous l'eau. L'idéal est de poster l'observation dans les 24 heures après la plongée, pendant que les détails sont encore frais. Notez la localisation précise, la profondeur et le comportement observé sur un slate ou une note vocale dès la remontée.

La qualité photo est-elle importante pour iNaturalist ?

Plus vos photos montrent clairement les caractères d'identification (couleur, texture, forme, appendices), plus la validation sera rapide. En photo sous-marine, plusieurs angles d'un même individu augmentent fortement les chances d'identification au niveau espèce.

iNaturalist fonctionne-t-il sans connexion internet ?

Oui. L'application mobile permet de créer des observations hors ligne. La synchronisation et l'identification par IA se font une fois reconnecté. Pratique pour les destinations éloignées où la connectivité du lodge de plongée est aléatoire.

Quelle est la différence entre iNaturalist et BioObs ?

iNaturalist est une plateforme internationale généraliste avec une forte communauté mondiale. BioObs est un protocole francophone plus structuré, axé sur la biodiversité marine française et belge, avec des formations spécifiques. Les deux sont complémentaires : iNaturalist pour la spontanéité, BioObs pour les relevés structurés.

Mes données iNaturalist sont-elles vraiment utilisées par des chercheurs ?

Oui. Les observations Research Grade sont automatiquement partagées avec GBIF (Global Biodiversity Information Facility), la plus grande base de données de biodiversité mondiale. Des publications scientifiques ont utilisé des données iNaturalist pour documenter des espèces invasives, des changements de distribution et même de nouvelles espèces.

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