AquaExposure
AccueilFormationsOutilsArticles
AquaExposure

© 2026 AquaExposure. L'immortalisation éthique des abysses.

AquaExposure
Accueil
Tarifs
Menu
Accueil
TarifsBoutiqueArticles
AquaExposure — Explore Beneath, Capture Beyond
L'Encre #21 - 30 espèces en une saison
Sommaire
  • 011 121 espèces : ce que le bilan annuel dit vraiment
  • 02Ce que les Sandwich du Sud ont révélé
  • 03Ce que l'océan Austral signifie pour un photographe
  • 04Questions fréquentes
  • 05Combien de nouvelles espèces l'Ocean Census a-t-il documenté en 2025-2026 ?
  • 06Qu'est-ce que l'atelier SSI2 Chile Margin ?
  • 07Pourquoi les Îles Sandwich du Sud sont-elles si peu documentées ?
  • 08Qu'est-ce qu'une death-ball sponge ?
  • 09Qu'est-ce que la plateforme NOVA ?
ETHIQUE 8 minBenjamin Coste

L'Encre #21 - 30 espèces en une saison

L'Ocean Census documente 1 121 nouvelles espèces en 2025-2026, dont 30 des Îles Sandwich du Sud. L'atelier SSI2 Chile Margin (septembre 2026) continue l'analyse. L'océan Austral, dernière carte blanche de la taxonomie.

L'Encre est une série hebdomadaire sur les découvertes marines récentes. L'encre de l'écriture. L'ancre du fond. Un numéro, quelques nouvelles, et ce qu'elles changent quand on plonge avec un appareil photo.

« Nous ne sommes pas en train de finir d'explorer l'océan. Nous commençons à peine à comprendre ce que nous avons manqué. » Kat Bruce, directrice scientifique, Ocean Census, 2025


30 espèces en une saison. Dans un seul archipel. Qui n'avait quasiment jamais été exploré biologiquement.

C'est ce que rapportait le Schmidt Ocean Institute après l'expédition dans les Îles Sandwich du Sud à bord du R/V Falkor (too) en 2025. Death-ball sponge à 3 601 mètres. Zombie worms (Osedax sp.) sur des os de baleines. Un pentaporte (lys de mer) identifié sur Mystery Ridge, première mention en Antarctique. Séquences filmées d'un calmar colossal juvénile.

30 espèces. Une saison. Un archipel.

Ce chiffre devrait remettre quelque chose en perspective.


1 121 espèces : ce que le bilan annuel dit vraiment

En septembre 2026, l'Ocean Census a publié le bilan de son année 2025-2026 : 1 121 nouvelles espèces documentées entre avril 2025 et mars 2026. Un record pour le programme. Une hausse de 54 % par rapport à l'année précédente.

1 121. Prenons le temps de lire ce chiffre.

La première information qu'on en tire, c'est l'échelle : l'océan recèle une biodiversité non documentée d'une ampleur qui dépasse ce que le rythme habituel de la taxonomie marine pouvait laisser espérer. 13 expéditions, 9 workshops sur l'année. Chaque expédition dans une zone peu explorée ramène des spécimens qui prennent des mois ou des années à identifier formellement.

La deuxième information est moins visible mais plus importante : 728 des 1 121 espèces ne proviennent pas d'expéditions récentes. Elles provenaient d'archives muséales. Des collections accumulées depuis des décennies, des spécimens collectés par des générations de naturalistes et jamais complètement examinés, faute de temps, de taxonomistes disponibles, ou de moyens de comparaison.

Ce détail change beaucoup de choses. Il dit que la limite principale à la description des espèces marines n'est pas toujours l'accès physique aux zones. C'est aussi la capacité humaine à traiter ce qu'on a déjà collecté.

Le délai moyen entre la collecte d'un spécimen et sa description formelle est de 13,5 ans. Pour les 1 121 espèces de 2025-2026, la plateforme NOVA a servi à réduire ce délai en centralisant les données et en facilitant la mise en relation entre taxonomistes.


Ce que les Sandwich du Sud ont révélé

Les Îles Sandwich du Sud sont un chapelet volcanique dans l'Atlantique Sud, à l'est de la Géorgie du Sud. C'est l'une des zones maritimes les plus difficiles d'accès du globe. Les fenêtres météo pour une expédition se comptent en jours par an. Les bateaux de recherche capables d'opérer dans ces eaux sont rares.

Avant les expéditions récentes, cette région avait été très peu explorée biologiquement en profondeur.

L'expédition 2025 a ramené plus de 30 nouvelles espèces en une saison. Parmi elles : une death-ball sponge (Chondrocladia sp.) à 3 601 mètres de fond, des zombie worms (Osedax sp.) se nourrissant de carcasses de baleines sur le fond, des étoiles de mer, des scale worms, des plumes de mer, des crustacés non décrits. Et ce pentaporte identifié sur Mystery Ridge, première mention de cette classe en territoire antarctique.

Ce qui change avec ces 30 espèces, c'est moins le chiffre lui-même que ce qu'il implique : si une seule expédition dans une seule zone, sur une fenêtre de quelques semaines, produit ce résultat, la quantité totale d'espèces non documentées dans les zones équivalentes reste très difficile à estimer. Les Sandwich du Sud n'ont fait l'objet que de quelques expéditions biologiques dans leur histoire. Seulement 30 % des spécimens rapportés ont été traités au moment du premier workshop, en août 2025 à Punta Arenas (Universidad de Magallanes, Chili).

Le workshop SSI2 Chile Margin de septembre 2026 continue ce travail. Pas une nouvelle expédition. Une suite d'analyse sur des spécimens déjà collectés.

La découverte continue après la plongée.


Ce que l'océan Austral signifie pour un photographe

Je pense souvent à ce type de données en termes de calendrier.

Les fonds des Îles Sandwich du Sud sont en train d'être décrits pour la première fois en ce moment. Des espèces y vivent depuis des millions d'années. Elles ont maintenant des noms, ou sont en train d'en avoir. Dans quelques décennies, si les conditions le permettent et si le matériel évolue, il sera peut-être possible d'y plonger en autonome, ou à proximité de ces zones, dans des conditions documentées.

Ce qui se passe aujourd'hui dans des laboratoires à Punta Arenas et dans d'autres institutions est la condition préalable à cette documentation future. La taxonomie passe avant la photo. Elle prépare le regard.

L'Encre #17 sur JAMSTEC et les grands fonds japonais posait la même question sous un autre angle : 14 mois entre la plongée du Shinkai 6500 et l'annonce publique des espèces, parce que le travail de description est invisible et long. Ce qui se passe aux Sandwich du Sud suit la même logique. L'expédition 2025, les workshops 2025-2026, et les publications formelles qui viendront dans les prochaines années forment une chaîne continue, même quand seul le début est médiatisé.

L'Encre #13 sur l'atelier de Buenos Aires documentait exactement ce mécanisme pour les espèces du Canyon de Mar del Plata : l'expédition collecte, le workshop identifie, les taxonomistes décrivent. La scène se répète aux Sandwich du Sud avec des spécimens de zones plus isolées encore.

Pour un photographe sous-marin, ces zones subantarctiques sont hors de portée directe. Mais elles informent ce qu'on fait avec un caisson dans des zones accessibles. L'idée qu'un fond peu documenté peut abriter des espèces non décrites ne s'applique pas seulement aux grands fonds de l'Antarctique. Elle s'applique à beaucoup de zones qui n'ont pas encore reçu d'attention systématique.

L'Encre #15 sur l'échelle des extinctions marines posait la question inverse : combien d'espèces auront disparu avant d'avoir été décrites ? Ce bilan de 1 121 espèces en une année ne change pas la réponse. Il la documente mieux. On décrit davantage, mais on explore aussi davantage de zones dont on sait depuis longtemps qu'elles contiennent des espèces inconnues.

La photo en plongée ne documente pas seulement ce qu'on voit. Elle contribue à un inventaire en cours, dans des zones où cet inventaire n'est pas terminé. C'est une des raisons pour lesquelles dans la formation AquaExposure, la capacité à reconnaître et documenter ce qui mérite attention dans un milieu peu connu fait partie du programme, pas seulement les réglages d'exposition et de lumière.


Questions fréquentes

Combien de nouvelles espèces l'Ocean Census a-t-il documenté en 2025-2026 ?

1 121 nouvelles espèces documentées entre avril 2025 et mars 2026, un record pour le programme (+54 % par rapport à l'année précédente). 30 provenaient de l'expédition dans les Îles Sandwich du Sud. 728 des 1 121 provenaient d'archives muséales, pas de nouvelles expéditions.

Qu'est-ce que l'atelier SSI2 Chile Margin ?

Le deuxième workshop taxonomique dédié aux spécimens des Îles Sandwich du Sud et de la marge chilienne. Il se tient à Punta Arenas (Chili) en septembre 2026, après un premier workshop à l'Universidad de Magallanes en août 2025. Seulement 30 % des spécimens avaient été traités lors du premier atelier. SSI2 continue l'analyse du reste.

Pourquoi les Îles Sandwich du Sud sont-elles si peu documentées ?

Archipel subantarctique dans l'Atlantique Sud, accès très difficile : vents violents, mer agitée, glace. Fenêtres d'expédition limitées à quelques jours par an. Les bateaux de recherche capables d'y opérer sont rares. Avant les expéditions récentes, la zone n'avait pratiquement pas été explorée biologiquement en profondeur.

Qu'est-ce qu'une death-ball sponge ?

Une éponge carnivore de grande profondeur (genre Chondrocladia), qui capture des proies avec des structures spécialisées plutôt que de filtrer l'eau. Sa découverte à 3 601 mètres dans les Sandwich du Sud confirme sa présence dans cette zone de l'Atlantique Sud subantarctique, précédemment non documentée pour ce genre.

Qu'est-ce que la plateforme NOVA ?

Une plateforme numérique développée dans le cadre de l'Ocean Census pour réduire le délai entre collecte et description formelle d'une espèce marine. Le délai moyen actuel est de 13,5 ans. NOVA centralise les données morphologiques et génomiques, facilite la mise en relation entre taxonomistes du monde entier.


Retrouvez les numéros précédents de L'Encre sur le blog AquaExposure. Et pour apprendre à documenter le vivant sous-marin avec précision et intention, les ressources complètes sont sur la formation AquaExposure.


30 espèces en une saison, dans un seul archipel que personne n'avait vraiment regardé. Et seulement 30 % des spécimens traités. Ce qu'on ne sait pas encore des fonds de l'océan Austral, c'est à peu près tout.

Partager

/blog/lencre-21-ocean-census-ssi2-nouvelles-especes-ocean-austral-sandwich-du-sud

Sommaire

  • 011 121 espèces : ce que le bilan annuel dit vraiment
  • 02Ce que les Sandwich du Sud ont révélé
  • 03Ce que l'océan Austral signifie pour un photographe
  • 04Questions fréquentes
  • 05Combien de nouvelles espèces l'Ocean Census a-t-il documenté en 2025-2026 ?
  • 06Qu'est-ce que l'atelier SSI2 Chile Margin ?
  • 07Pourquoi les Îles Sandwich du Sud sont-elles si peu documentées ?
  • 08Qu'est-ce qu'une death-ball sponge ?
  • 09Qu'est-ce que la plateforme NOVA ?

Questions sur le Journal

Combien de nouvelles espèces l'Ocean Census a-t-il documenté en 2025-2026 ?

L'Ocean Census a documenté 1 121 nouvelles espèces pour la science entre avril 2025 et mars 2026, un record pour le programme. Ce chiffre représente une augmentation de 54 % par rapport à l'année précédente. Sur ce total, 30 espèces ont été confirmées à partir de l'expédition dans les Îles Sandwich du Sud (2025), conduite avec le navire de recherche R/V Falkor (too) du Schmidt Ocean Institute. 728 des 1 121 espèces provenaient d'archives muséales, non d'expéditions récentes : une partie significative de la biodiversité océanique attendait dans des collections non étudiées.

Qu'est-ce que l'atelier SSI2 Chile Margin et pourquoi se tient-il en septembre 2026 ?

L'atelier SSI2 (South Sandwich Islands 2 - Chile Margin) est le deuxième workshop taxonomique consacré aux spécimens collectés lors des expéditions dans les Îles Sandwich du Sud et la marge chilienne. Il se tient à Punta Arenas (Chili) en septembre 2026, dans le cadre du programme annuel de workshops de l'Ocean Census. L'objectif est d'analyser des spécimens rapportés par des expéditions récentes, dont seulement 30 % avaient été traités lors du premier workshop d'août 2025 à l'Universidad de Magallanes. Un workshop taxonomique réunit des spécialistes de différentes disciplines pour identifier formellement les espèces, les comparer aux collections de référence mondiales et engager le processus de description scientifique.

Pourquoi les Îles Sandwich du Sud sont-elles si peu documentées biologiquement ?

Les Îles Sandwich du Sud sont un archipel subantarctique situé dans l'Atlantique Sud, à l'est de la Géorgie du Sud, dans l'une des zones maritimes les plus difficiles d'accès du globe. Les conditions météorologiques (vents violents, mer agitée, glace) limitent les fenêtres d'expédition à quelques jours par an, dans les meilleures conditions. Les bateaux de recherche capables d'opérer dans cette zone sont rares. Avant les expéditions récentes, cette région n'avait pratiquement pas été explorée biologiquement au-delà de la surface et des premiers mètres. Ces contraintes expliquent pourquoi des espèces vivant sur ces fonds depuis des millions d'années n'avaient jamais été collectées ni décrites.

Qu'est-ce qu'une death-ball sponge et pourquoi sa découverte dans les Sandwich du Sud est-elle notable ?

Une death-ball sponge (Chondrocladia sp., genre Chondrocladia) est une éponge carnivore de grande profondeur, qui capture des proies (crustacés, copépodes) avec des structures spécialisées plutôt que de filtrer l'eau comme les éponges classiques. Sa découverte à 3 601 mètres dans les Îles Sandwich du Sud est notable pour deux raisons : c'est la première confirmation de ce genre dans cette zone spécifique de l'Atlantique Sud subantarctique, et la profondeur confirme que ces éponges carnivores peuplent des habitats de grands fonds dans toutes les régions peu explorées. Ce type d'observation documente la distribution géographique réelle des genres, au-delà des seules zones où des expéditions avaient déjà eu lieu.

Qu'est-ce que la plateforme NOVA et comment change-t-elle la taxonomie marine ?

NOVA (New Ocean Viewpoint Archive, ou equivalent dans la nomenclature Ocean Census) est une plateforme numérique développée dans le cadre du programme Ocean Census pour réduire le délai entre la collecte d'un spécimen et sa description scientifique formelle. Le délai moyen entre découverte et description formelle d'une espèce marine est actuellement de 13,5 ans. NOVA centralise les données morphologiques, génomiques et photographiques, facilite la mise en relation entre taxonomistes du monde entier, et accélère le processus de validation. Pour les 1 121 espèces documentées en 2025-2026, cette infrastructure est ce qui permet de traiter à cette échelle sans les délais traditionnels.

Articles dans la même catégorie

L'Encre #20 - Ce que le thon rouge a prouvé

L'Encre #20 - Ce que le thon rouge a prouvé

Sanctuaires marins en Europe : photographier dans les AMP pour documenter et protéger

Sanctuaires marins en Europe : photographier dans les AMP pour documenter et protéger

Photographier la pollution sous-marine : documenter l'impact pour changer les choses

Photographier la pollution sous-marine : documenter l'impact pour changer les choses

AquaExposure

L'excellence de la photographie sous-marine accessible à tous.

Rester en contact

[email protected]

Restez informé de nos nouvelles formations et expéditions.

Soutenir le projet
Mentions Légales·CGV·Confidentialité·

© 2026 AquaExposure. L'immortalisation éthique des abysses.