Nauticam dévoile le NA-X2DII pour le Hasselblad X2D II 100C. 100 MP, obturateur central et synchro flash à 1/4000s. Le moyen format arrive sous l'eau.
Le moyen format en photo sous-marine, c'est un territoire que très peu de photographes explorent, pour une raison simple : jusqu'ici, personne ne proposait de caisson sérieux pour le faire. Nauticam vient de changer ça.
Le NA-X2DII est le premier caisson annoncé pour le Hasselblad X2D II 100C, et il ouvre une porte que la plupart des photographes sous-marins n'avaient jamais envisagée.
Le Hasselblad X2D II 100C embarque un capteur BSI CMOS de 100 mégapixels en 16 bits de profondeur couleur, avec une dynamique annoncée de 15,3 stops. Sur le papier, c'est le genre de chiffre qui donne le vertige à n'importe quel photographe habitué au plein format classique.
Le point le plus intéressant pour l'usage sous-marin n'est pourtant pas la résolution brute. C'est l'obturateur central à lames intégré aux objectifs XCD. Contrairement à un obturateur focal classique, ce système permet une synchronisation flash jusqu'à 1/4000s selon l'optique utilisée. En photo sous-marine, où on compose en permanence entre lumière ambiante et lumière artificielle des flashs, ce genre de latitude change vraiment la manière de travailler une image. On peut couper une bonne partie de la lumière naturelle sans pour autant renoncer à une vitesse d'obturation rapide, ce qui est impossible sur la plupart des hybrides plein format limités à 1/200s ou 1/250s en synchro X.
L'autofocus s'appuie sur de la détection de sujet par apprentissage profond, 425 zones PDAF et une assistance LiDAR. La stabilisation interne 5 axes annonce 10 stops. La rafale, en revanche, plafonne à 3 images par seconde, ce qui situe clairement cet appareil dans une catégorie différente des hybrides rapides taillés pour la faune pélagique.
Le NA-X2DII est construit autour du système de ports N120, déjà utilisé sur les caissons plein format de la marque. Ça donne accès aux trois optiques XCD les plus pertinentes en sous-marin : le zoom standard 35-100mm, l'ultra grand-angle 20-35mm, et le macro 120mm.
Le caisson conserve aussi la compatibilité avec les optiques de contact Nauticam, WACP-2, WACP-1B, MFO, SMC et CMC. Pour qui possède déjà un système Nauticam sur un autre boîtier, une partie de l'investissement en optiques se transfère directement.
Deux passe-câbles intégrés permettent le déclenchement des flashs par fibre optique dès la sortie de boîte. Un déclenchement électrique reste possible via un passe-câble Nikonos 5 broches installé sur le port M14. Un port M16 accueille en option une valve à vide, couplée au système de détection de fuite déjà préinstallé sur le caisson.
Prix affiché : environ 8 180 euros pour le caisson seul (converti depuis 9 400 dollars, prix officiel constructeur), disponible chez des revendeurs comme Backscatter.
Il faut être honnête sur ce que cet appareil n'est pas. Avec 3 images par seconde, le NA-X2DII n'est pas fait pour courir après un banc de barracudas ou capter le passage éclair d'une raie manta. Pour ce genre de sujet, un hybride full-frame moderne avec 20 ou 30 fps reste largement supérieur.
Là où le moyen format prend tout son sens, c'est sur les sujets qui attendent. Une épave en lumière contrôlée, un grand paysage récifal composé avec patience, un portrait de tortue posée qui ne bouge pas d'un centimètre. Sur ce genre d'images, la profondeur de dynamique et la résolution du X2D II ouvrent des marges de post-production qu'aucun capteur plein format n'égale aujourd'hui.
C'est aussi, il faut le dire, un investissement qui dépasse largement le cadre du matériel d'apprentissage. Avant de poser 8 180 euros sur un caisson, la vraie question n'est jamais celle du boîtier. C'est de savoir si on maîtrise déjà la flottabilité, le cadrage et la lecture de la lumière naturelle suffisamment pour exploiter ce que ce niveau de matériel permet. Un capteur à 100 MP ne rattrape jamais une image mal composée.
La formation AquaExposure travaille exactement cette base, avant que le matériel ne devienne la priorité. découvrir la formation AquaExposure.
Prix converti depuis le tarif officiel en dollars (taux courant). Le tarif TTC réellement pratiqué par les revendeurs européens peut varier.
environ 8 180 euros pour le caisson seul, sans hublot ni port (converti depuis le prix officiel de 9 400 dollars). Disponible chez des revendeurs spécialisés comme Backscatter. Un setup complet grand-angle ou macro ajoute plusieurs milliers d'euros supplémentaires en optiques de contact et accessoires.
Les objectifs XCD du Hasselblad X2D II utilisent un obturateur central à lames (leaf shutter) plutôt qu'un obturateur focal classique. Ça permet de synchroniser les flashs à des vitesses bien plus rapides qu'un reflex ou hybride full-frame classique, limité en général au 1/200s ou 1/250s en synchro X. En pratique, ça donne plus de contrôle sur la lumière ambiante par rapport à l'éclairage au flash, un vrai avantage en photo sous-marine où on jongle constamment entre lumière naturelle et lumière artificielle.
Le caisson est construit autour du système de ports N120 de Nauticam, qui accueille les XCD 35-100mm f/2.8-4 (zoom standard, équivalent 28-76mm plein format), le XCD 20-35mm f/3.2-4.5 (ultra grand-angle, équivalent 16-27mm) et le XCD 120mm f/3.5 (macro, équivalent 95mm). Le caisson est aussi compatible avec les optiques de contact Nauticam comme les WACP-2, WACP-1B, MFO, SMC et CMC.
C'est un outil de niche, pas un choix par défaut. Le capteur de 100 MP et les 15,3 stops de dynamique sont spectaculaires sur le papier, mais la cadence de rafale plafonne à 3 images par seconde. Pour de la faune rapide (requins, raies, bancs de poissons), c'est un vrai frein. Pour du grand paysage sous-marin, de l'épave en lumière contrôlée ou du travail éditorial où chaque image compte plus que la quantité, c'est un outil qui a du sens.
Le NA-X2DII est la première annonce Nauticam pour un boîtier moyen format Hasselblad de cette génération. C'est un segment que très peu de fabricants de caissons couvrent, ce qui en fait une nouveauté notable pour les photographes sous-marins qui travaillent déjà en moyen format en terrestre et cherchent une passerelle vers l'immersion.