L'objectif macro 67mm +6 de SeaLife permet de s'approcher à 5 cm du sujet avec un smartphone en caisson. Ce qu'il permet en pratique, et la limite réelle : l'autofocus que vous ne contrôlez pas.
La macro sous-marine est un des domaines les plus exigeants de la photo sous-marine. Pas parce que le matériel est compliqué. Parce que tout se passe à 5 centimètres d'un sujet vivant, dans un milieu qui se déplace en permanence, avec un photographe qui respire et qui bouge.
L'objectif macro 67mm +6 de SeaLife ouvre cette possibilité sur un smartphone en caisson SportDiver. Il faut comprendre ce qu'il offre et ce qu'il ne règle pas.
Une lentille de rapprochement +6 dioptries se place devant l'optique existante du boîtier et modifie sa distance de mise au point minimale. Sans l'objectif, le SportDiver fait le point à partir d'une certaine distance qui rend la macro impossible. Avec la lentille +6, cette distance descend à 5 centimètres depuis la lentille.
À 5 centimètres, un nudibranche de 3 cm de longueur remplit une bonne partie du cadre. Un hippocampe pygmée sur une gorgone devient parfaitement visible. Une ponte d'oeufs sur un corail peut être photographiée avec assez de détails pour identifier l'espèce.
L'objectif est compatible avec le port 67mm. Il se monte via l'adaptateur de lentilles SportDiver - un accessoire vendu séparément si vous ne l'avez pas déjà. Il est aussi compatible avec tout autre boîtier acceptant le filetage 67mm.
La macro sur smartphone dans un boîtier SeaLife a une limite structurelle : l'autofocus.
L'application SeaLife ne permet pas de verrouiller manuellement la mise au point sur un point précis. En macro à 5 centimètres, la profondeur de champ est de quelques millimètres. L'autofocus choisit pour vous sur quel millimètre il fait le point.
Sur un sujet totalement immobile dans un fond neutre, l'autofocus peut s'en sortir. Sur un nudibranche qui se déplace lentement, dans un fond chargé de gorgones, sur un hippocampe pygmée dont l'oeil se trouve derrière une branche de corail, l'autofocus choisit souvent le mauvais point.
C'est une limite que l'objectif macro ne résout pas. C'est une limite de l'application propriétaire et du système SportDiver.
Sur des sujets coopératifs - des pontes d'oeufs fixes, des nudibranches lents, des éponges, des algues - la combinaison SportDiver + macro 67mm +6 produit des résultats corrects. Pour un photographe sous-marin qui veut simplement explorer la macro de temps en temps, sans investir dans un compact dédié avec port macro, c'est une entrée accessible.
Si la macro est votre pratique principale, un compact étanche avec contrôle manuel ou un boîtier qui laisse l'app native du téléphone active (et donc le verrouillage de mise au point disponible) donnera plus de résultats et moins de frustration.
Chez AquaExposure, on enseigne la macro avec un contrôle actif de la mise au point. C'est une compétence qui se travaille - et pour la travailler, il faut pouvoir choisir son point de mise au point.
L'objectif est compatible avec tout boîtier doté d'un port 67mm. Il fonctionne donc avec le système d'adaptateur de lentilles SportDiver, mais aussi avec tout autre setup qui accepte ce format de filetage. Le DiveVolk et certains boîtiers concurrents peuvent l'accueillir avec les adaptateurs appropriés.
Non. C'est la limitation principale de cette combinaison. Le SportDiver passe par l'application SeaLife, qui ne permet pas de verrouiller manuellement la mise au point sur un point précis. Sur un sujet immobile, l'autofocus peut faire le travail. Sur un nudibranche en mouvement ou dans un fond chargé, l'autofocus choisit pour vous.
Avec cet objectif, la distance minimale de mise au point descend à 5 cm depuis la lentille. C'est suffisant pour photographier des nudibranches, des hippocampes pygmées, des pontes d'oeufs et des petits crustacés. Sans l'objectif, la distance minimale du SportDiver est beaucoup plus grande, incompatible avec la macro à proprement parler.
Oui, mais avec des contraintes plus importantes qu'en photo. En macro vidéo, le moindre mouvement du boîtier ou du sujet sort du cadre. La profondeur de champ extrêmement réduite à 5 cm de distance demande une stabilisation et une immobilité de photographe que peu de plongeurs maîtrisent d'emblée. Pour les premières utilisations, se concentrer sur la photo fixe est plus formateur.