
Photographier les requins sous l'eau : espèces accessibles, approche, réglages et sécurité. Guide terrain AquaExposure.
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Photographier un requin sous l'eau demande de comprendre son comportement avant de penser à ses réglages. Les espèces accessibles en plongée récréative (requin de récif, requin-nourrice, requin-baleine) tolèrent la présence humaine si vous respectez trois règles : distance, positionnement, et calme absolu. Le grand angle est obligatoire, la mise au point continue est recommandée, et le flash est à proscrire. Le requin n'est pas un trophée, c'est un privilège.
J'ai croisé mon premier requin de récif aux Maldives, il y a des années. Je l'ai raté. Pas techniquement : mes réglages étaient corrects. Mais j'ai voulu m'approcher trop vite, il a viré de bord, et tout ce que j'ai obtenu c'est une photo d'une queue grise sur fond bleu. Floue, en plus.
Depuis, j'ai appris que la photographie de requins est d'abord une affaire de patience et de lecture du comportement. La technique vient après.
Tous les requins ne sont pas photographiables dans les memes conditions. Certains sont régulièrement rencontrés en plongée récréative, d'autres exigent des conditions très spécifiques.
C'est le requin le plus fréquemment rencontré par les plongeurs. Le requin à pointe noire (Carcharhinus melanopterus) patrouille les platiers et les passes récifales, souvent en eau peu profonde. Le requin à pointe blanche (Triaenodon obesus) est plus sédentaire, souvent posé sous un surplomb ou dans une crevasse.
Le pointe noire est plus nerveux : il tolère votre présence mais ne s'attarde pas. Vous avez quelques secondes quand il passe. Le pointe blanche est plus tolérant : si vous approchez lentement, il peut rester en place plusieurs minutes.
Le requin-nourrice (Ginglymostoma cirratum) est l'espèce la plus facile à photographier pour un débutant. Il est benthique (posé sur le fond), nocturne (donc souvent immobile de jour), et peu farouche. C'est un excellent sujet pour pratiquer la composition et les réglages sans la pression d'un sujet en mouvement.
Le requin-baleine (Rhincodon typus) est le plus grand poisson du monde et probablement l'animal marin le plus photogénique qui soit. Les rencontres se font généralement en snorkeling ou en apnée, pas en plongée bouteille (les bulles les dérangent). L'approche se fait en surface, en nageant parallèlement à l'animal, jamais en travers de sa trajectoire.
C'est un sujet où la photo en snorkeling prend tout son sens : la meilleure lumière est en surface, et le requin-baleine est souvent dans les premiers mètres.
Requins gris, requins marteaux, requins-baleines en profondeur : ces espèces passent en courant ou dans le bleu, souvent à distance. Vous n'aurez pas l'occasion de vous positionner. La seule stratégie est d'etre déjà au bon endroit, avec les bons réglages, et de déclencher quand l'animal entre dans votre cadre.
La différence entre un photographe de requins qui ramène des images et un qui n'en ramène pas n'est pas technique. C'est une question de lecture du comportement.
Un requin qui nage à rythme régulier, avec des mouvements de nageoire amples et fluides, est un requin à l'aise. Il ne vous perçoit probablement pas comme une menace. C'est le moment de vous positionner calmement et de préparer votre cadrage.
Un requin qui accélère, qui change brusquement de direction, ou qui abaisse ses nageoires pectorales (les "ailes" latérales) est un requin qui vous dit qu'il n'est pas à l'aise. La réponse correcte est simple : ne pas bouger, ne pas poursuivre, le laisser s'éloigner.
Ne jamais poursuivre un requin qui s'éloigne. Jamais. C'est la règle la plus importante de cet article. Un requin qui fuit et que vous poursuivez peut se retourner. Et un requin qui se retourne parce qu'il se sent acculé n'est plus un sujet photo.
Les requins de récif suivent des circuits. Si vous observez depuis un point fixe pendant cinq à dix minutes, vous verrez souvent le meme individu repasser deux ou trois fois. C'est une information précieuse : au lieu de poursuivre le requin, positionnez-vous sur son circuit et attendez qu'il revienne vers vous.
Cette approche passive est au coeur de la scénographie de l'effacement : vous ne chassez pas l'image, vous la laissez venir à vous.
Maintenez une distance minimale de 3 mètres avec tout requin en plongée récréative. C'est une distance qui vous laisse le temps de réagir et qui ne déclenche pas de comportement défensif chez la plupart des espèces.
Pour le requin-baleine, les codes de conduite internationaux recommandent 3 mètres du corps et 4 mètres de la queue.
Quand vous photographiez un requin dans un passage, une passe, ou sous un surplomb, assurez-vous que l'animal a toujours une route de fuite libre. Un requin qui se sent bloqué entre vous et un récif devient imprévisible. Positionnez-vous de manière à laisser l'espace ouvert derrière le sujet.
La meilleure position pour photographier un requin est légèrement en dessous de lui, en contre-plongée. Cette position a trois avantages. Elle donne de la grandeur au sujet dans l'image. Elle place le requin sur fond bleu (espace négatif). Et elle vous rend moins menaçant pour l'animal, parce que vous n'etes pas au-dessus de lui (position de prédateur).
La composition en contre-plongée est la technique de base pour la plupart des sujets sous-marins, mais elle est particulièrement importante avec les requins.
Ne photographiez jamais un requin seul. Votre binome est votre vigie. Pendant que vous cadrez, votre concentration est sur l'écran ou le viseur, pas sur ce qui se passe autour de vous. Votre binome surveille l'environnement et vous prévient si un deuxième requin approche par derrière ou si le sujet montre des signes d'inconfort que vous n'avez pas vus.
La photographie de requins est une discipline grand angle. Pas de macro, pas de téléobjectif. Deux raisons.
La première est la distance : meme à 3 mètres, un requin de récif mesure 1 à 1,5 mètre. Avec un objectif standard, vous ne cadrez que sa tete. Le grand angle vous permet de capturer l'animal entier dans son environnement.
La deuxième est optique : sous l'eau, la distance entre vous et le sujet est remplie d'eau qui absorbe les couleurs et réduit le contraste. Plus la distance est grande, plus l'image est bleue et floue. Le grand angle vous oblige à vous rapprocher (pour remplir le cadre), ce qui réduit la colonne d'eau entre vous et le sujet.
Si vous photographiez avec un smartphone en caisson DiveVolk ou une GoPro, vous avez un grand angle natif. C'est un des cas où ces appareils sont parfaitement adaptés.
Un requin en mouvement ne reste pas à la meme distance de vous. Si votre appareil le permet, passez en mise au point continue (AF-C ou AI Servo). Si vous etes sur un smartphone ou une GoPro, la mise au point est automatique et généralement suffisante en grand angle (la profondeur de champ est large).
Un requin nage. Meme lentement, ça reste un sujet en mouvement. Visez 1/250 de seconde minimum, idéalement 1/500. Sur un smartphone ou une GoPro, augmentez les ISO si nécessaire pour que l'appareil choisisse une vitesse suffisante.
Le flash est proscrit avec les requins. Raisons : le stress de l'animal, le risque de comportement défensif, et l'inutilité technique (à 3 mètres de distance, le flash n'éclaire pas le sujet de manière significative mais illumine toutes les particules entre vous et lui).
La lumière naturelle donne les meilleures images de requins. La silhouette d'un requin sur fond de soleil couchant, le jeu de lumière sur sa peau grise, le bleu profond autour de sa forme sombre. C'est ce qui fait la puissance de ces images.
Un requin qui nage vers la droite doit etre placé sur le tiers gauche du cadre. C'est la règle de l'espace de nage : laissez de l'espace devant le sujet pour que l'image respire et que le mouvement soit visible.
Les images de requins les plus puissantes sont celles où l'oeil de l'animal est visible et net. L'oeil crée une connexion avec le spectateur. Visez la mise au point sur l'oeil. Si le requin passe de profil, attendez le moment où son oeil est le plus visible dans votre cadre.
Un requin isolé sur fond bleu est graphique. Un requin dans un banc de poissons, au-dessus d'un récif, à l'entrée d'une passe, raconte une histoire. Les meilleures images de requins incluent l'environnement parce qu'elles montrent l'animal dans son monde, pas dans un studio.
Si vous avez la chance de croiser ces géants, la philosophie est la meme. On en parle en détail dans notre article photographier raies manta, requins-baleines aux Maldives. Les principes de distance, de non-poursuite et de lumière naturelle s'appliquent identiquement.
Le requin n'est pas un trophée. Ce n'est pas le sujet qui va valider votre carrière de photographe sous-marin. Ce n'est pas une case à cocher.
C'est un animal sauvage dont les populations sont en déclin de 71% depuis 1970. Chaque rencontre est un privilège qui mérite d'etre traité comme tel. Si les conditions ne sont pas réunies (distance trop grande, animal nerveux, courant trop fort), rangez votre appareil et profitez simplement de la rencontre.
Les meilleures photos de requins que j'ai vues ont été prises par des gens qui avaient appris à ne pas photographier d'abord. Des plongeurs qui ont passé des dizaines d'heures en présence de requins sans déclencher, à observer, à comprendre, à se faire accepter. La technique venait après.
La formation AquaExposure enseigne cette patience et cette éthique comme prérequis à toute technique de photographie animalière sous-marine.
La grande majorité des rencontres avec des requins en plongée récréative sont parfaitement sures. Les espèces les plus fréquemment rencontrées (pointe noire, pointe blanche, requin-nourrice, requin-baleine) ne représentent pas de danger si vous respectez la distance, ne bloquez pas leur sortie, et ne les poursuivez pas. Le risque principal est de se distraire de la gestion de votre plongée (air, profondeur, courant).
Un appareil grand angle est nécessaire. Un smartphone en caisson DiveVolk, une GoPro, ou un compact en caisson avec un objectif grand angle font tous l'affaire. L'essentiel est la vitesse d'obturation (1/250 minimum) et la mise au point continue si disponible. Le matériel le plus léger et le plus discret est généralement le meilleur choix.
Non. Le flash stresse les requins, peut déclencher un comportement défensif, et n'éclaire pas un sujet à 3 mètres de distance de manière significative. La lumière naturelle produit les meilleures images de requins. La correction couleur en post-production compense la perte des rouges si nécessaire.
Ne vous en approchez pas. Positionnez-vous sur son circuit de patrouille et laissez-le venir à vous. Restez immobile, respirez calmement, et ne faites aucun mouvement brusque. Si le requin s'éloigne, ne le poursuivez pas. Il repassera probablement dans quelques minutes.
Les Maldives offrent des rencontres régulières avec les requins de récif, les requins-baleines et les requins-marteaux. La Polynésie française (Fakarava, Rangiroa) est célèbre pour ses passes à requins gris. L'Afrique du Sud (Aliwal Shoal, Protea Banks) offre des rencontres avec les requins tigres et les requins-taureaux. Mais des requins de récif sont présents sur la plupart des récifs tropicaux du monde.
Oui, un smartphone en caisson étanche (type DiveVolk) fonctionne très bien pour les requins. Le grand angle natif du smartphone est adapté, la mise au point automatique gère bien les sujets en mouvement à moyenne distance, et la qualité d'image est suffisante pour un usage web et réseaux sociaux. C'est meme un avantage : l'absence de setup encombrant vous rend plus agile et plus discret.
Restez calme et maintenez votre position. Ne nagez pas en marche arrière (vous seriez plus lent et plus vulnérable). Si le requin semble curieux, restez immobile et laissez-le vous inspecter. La plupart des "approches" sont de la curiosité, pas de l'agressivité. Si le requin montre des signes d'inconfort (nageoires abaissées, mouvements saccadés), éloignez-vous lentement en le gardant dans votre champ de vision.
Les pointes noires ont des extrémités de nageoires noires bien marquées. Les pointes blanches ont des nageoires dorsale et caudale aux pointes blanches, et un museau aplati. Les requins-nourrices sont bruns avec une bouche en position ventrale et des barbillons nasaux. Les requins gris sont uniformément gris avec un bord noir sur la caudale. En cas de doute, prenez la photo et identifiez l'espèce en surface, ou utilisez une app comme iNaturalist.
La grande majorité des rencontres avec des requins en plongée récréative sont parfaitement sûres. Les espèces les plus fréquemment rencontrées (pointe noire, pointe blanche, requin-nourrice, requin-baleine) ne représentent pas de danger si vous respectez la distance, ne bloquez pas leur sortie, et ne les poursuivez pas.
Un appareil grand angle est nécessaire. Un smartphone en caisson DiveVolk, une GoPro, ou un compact en caisson avec un objectif grand angle font tous l'affaire. L'essentiel est la vitesse d'obturation (1/250 minimum) et la mise au point continue si disponible.
Non. Le flash stresse les requins, peut déclencher un comportement défensif, et n'éclaire pas un sujet à 3 mètres de distance de manière significative. La lumière naturelle produit les meilleures images de requins.
Ne vous en approchez pas. Positionnez-vous sur son circuit de patrouille et laissez-le venir à vous. Restez immobile, respirez calmement, et ne faites aucun mouvement brusque. Si le requin s'éloigne, ne le poursuivez pas. Gardez une distance minimale de 3 mètres et évitez les mouvements brusques.
Les Maldives offrent des rencontres régulières avec les requins de récif, les requins-baleines et les requins-marteaux. La Polynésie française (Fakarava, Rangiroa) est célèbre pour ses passes à requins gris. Mais des requins de récif sont présents sur la plupart des récifs tropicaux du monde.
Oui, un smartphone en caisson étanche (type DiveVolk) fonctionne très bien pour les requins. Le grand angle natif est adapté, la mise au point automatique gère bien les sujets en mouvement à moyenne distance.