
DaVinci Resolve pour corriger vos vidéos sous-marines : balance des blancs, LUTs, réduction de bruit. Workflow éthique AquaExposure.
Pendant des années, j'ai lutté avec des logiciels coûteux de correction couleur. Final Cut Pro, Adobe Premiere, même des solutions professionnelles à plusieurs milliers d'euros. Chaque fois, la même frustration : des interfaces laborieuses, des processus contre-intuitifs, et surtout, ce sentiment que je payais surtout pour le prestige du nom, pas pour la qualité réelle du travail.
Et puis il y a deux ans, j'ai découvert DaVinci Resolve. Franchement, cela a changé ma façon de travailler avec la vidéo sous-marine. Non seulement c'est gratuit, mais c'est honnêtement meilleur que 90% des alternatives payantes que j'ai utilisées. C'est une révélation qu'AquaExposure a décidé de partager avec vous : pourquoi payer pour quelque chose d'inférieur quand vous pouvez avoir un outil professionnel de classe mondiale sans débourser un centime ?
Dans ce guide, je vais vous montrer exactement comment je corrige mes vidéos sous-marines dans DaVinci Resolve, des premières étapes jusqu'à l'export final. Pas de jargon inutile. Juste du travail honnête et pragmatique.
Avant de vous plonger dans les détails techniques, parlons de pourquoi DaVinci Resolve se démarque pour la correction couleur sous-marine.
La version gratuite est ridiculement puissante. Serious. Elle inclut les mêmes outils de correction couleur que la version Studio payante. Les seules choses qui manquent ? Des fonctionnalités spécialisées comme la fusion multi-cam ou le motion tracking avancé. Pour la correction couleur pure, vous avez accès à l'arsenal complet.
C'est le logiciel que les vrais coloristes utilisent. Laurent Ballesta, le légendaire cinéaste sous-marin et directeur de la photographie, ne s'embête pas avec les solutions "prosumer". Les professionnels qui corrigent les documentaires Netflix, les films de cinéma, les contenus broadcast. ils travaillent sur DaVinci Resolve. Si c'est bon assez pour eux, c'est assez bon pour nous.
Pour la vidéo sous-marine spécifiquement, c'est une bénédiction. Pourquoi ? Parce que les vidéos sous-marines sont les plus difficiles à corriger. Vous perdez les fréquences rouge et orange en profondeur. Vous gagnez du bruit. L'éclairage est problématique. Les teintes sont bizarres. DaVinci Resolve a les outils précis pour gérer chacun de ces défis sans vous transformer en une bouillie de pixels surtraitée.
Avant de toucher à une seule courbe, nous avons besoin d'un workflow intelligent. Voici comment j'organise mes projets.
Ouvrez DaVinci Resolve et créez un nouveau projet. Voici mes paramètres de base pour la vidéo sous-marine :
Astuce de pro : Si votre ordinateur est lent, travaillez avec un système de proxy. Importez votre vidéo en proxies de 1/4 résolution pour la correction, puis basculez vers la résolution pleine pour l'export final. C'est exactement ce que je fais sur mes MacBook.
Dans le page "Media" de Resolve, importez vos vidéos sous-marines. Je vous recommande de créer des dossiers séparés pour chaque plongée ou scène. Cela semble bête, mais cela économise une quantité ridicule de temps plus tard quand vous cherchez ce clip du dauphin du 15 mars.
C'est ici que la vraie magie se produit. Voici comment je corrige une vidéo sous-marine typique, du début à la fin.
La première chose que vous verrez avec n'importe quelle vidéo sous-marine brute, c'est un look bleu-vert horrible. Cela parce que l'eau absorbe les longueurs d'onde rouge progressivement en fonction de la profondeur.
Voici le processus :
DaVinci fera automatiquement une correction de balance des blancs. Vous verrez instantanément le clip passer du bleu morne à quelque chose de beaucoup plus naturel.
Honnêtement ? Cela résout 60% de votre problème de correction couleur sous-marine juste comme ça.
Même après la balance des blancs, votre vidéo sous-marine aura une composante rouge faible. C'est normal. L'eau absorbe le rouge. Nous devons le récupérer manuellement dans les courbes.
Voici comment :
Commencez doucement. Une augmentation subtile de 10-15% fait des merveilles. Ne surchargez pas. Si votre vidéo commence à ressembler à un coucher de soleil artificiel, vous avez dépassé.
L'astuce professionnelle que j'ai apprise : ne levez pas le rouge uniformément. Levez-le davantage dans les midtones (le centre de la courbe) que dans les highlights. Cela maintient les reflets naturels tout en récupérant la couleur dans les zones moyennes.
Maintenant, changez pour le canal Blue (Bleu) dans la courbe.
L'eau ajoute une dominante bleue exagérée aux ombres. Pour corriger cela :
Encore une fois, la subtilité est la clé. Vous visez une réduction d'environ 5-10% dans les ombres. Vous ne voulez pas un résultat plat ou désaturé.
La roue Lift/Gamma/Gain en bas à gauche est votre ami. Voici ce que chaque section fait :
Pour la vidéo sous-marine, je fais généralement :
Chez AquaExposure, nous avons développé un ensemble de LUTs spécialisées pour la correction couleur sous-marine. Ces LUTs sont des "recettes" de correction préenregistrées que vous appliquez d'un seul clic.
Voici comment les utiliser dans DaVinci :
Les LUTs ne sont jamais la solution finale. Elles sont un point de départ. Après avoir appliqué une LUT AquaExposure, vous affinerez toujours avec les courbes manuelles pour votre clip spécifique.
Conseil éthique : Les LUTs de correction sous-marine devraient améliorer la vérité de votre vidéo, pas la fantasmagoriser. Nous visons à montrer ce que vous avez vraiment vu sous l'eau, juste avec les vraies couleurs restaurées. Pas de surcharge hollywoodienne.
La vidéo sous-marine brute, c'est bruyant. L'ISO élevé, le peu de lumière, les conditions sombres. cela signifie beaucoup de grain. DaVinci Resolve a des outils pour cela aussi.
Encore une fois : lentement. Une sur-réduction de bruit crée un aspect "plastique" artificiel. Je cible généralement une réduction d'environ 40-60% pour la vidéo sous-marine.
La vidéo sous-marine tremble beaucoup, même avec un stabilisateur mécanique. DaVinci peut aider.
DaVinci analysera automatiquement votre clip et appliquera une stabilisation logicielle. C'est subtil, mais cela fait une différence remarquable, surtout pour les plans caméra à la main.
Si votre ordinateur n'est pas une bête de puissance (et soyons honnêtes, la plupart ne le sont pas), voici mon astuce pour travailler plus rapidement :
Ensuite :
Vous travaillez maintenant en 1/4 résolution avec une fluidité extrême. Avant l'export, allez aux Preferences de nouvelle fois et Désactivez le mode proxy. DaVinci exportera automatiquement en pleine résolution.
Maintenant que votre vidéo est magnifiquement corrigée, vous devez l'exporter sans la détruire.
Voici mes paramètres d'export standards :
Pour l'archivage maître (stockage à long terme) : - Codec : ProRes 422 HQ ou DNxHD - Résolution : Pleine résolution (4K si c'est ce que vous avez capturé) - Frame Rate : Même frame rate que votre projet - Espace colorimétrique : Rec. 709 ou DCI P3 selon votre source
Pour la distribution web (YouTube, vimeo, etc.) : - Codec : H.264 - Bitrate : 50-80 Mbps pour 4K (qualité élevée sans excès) - Preset : Slow (meilleure compression)
Pour le partage social rapide : - Codec : H.265 (HEVC) - Bitrate : 20-30 Mbps pour 4K - Preset : Slow
Si tu filmes avec une GoPro MISSION 1, HERO 13, ou n'importe quelle caméra d'action en profil Flat ou Protune Flat, ce qui sort de la caméra te donnera l'impression d'un problème. L'image est grise, désaturée, sans contraste. Les couleurs sont mortes. Les ombres et les hautes lumières se ressemblent.
C'est exactement ce qu'on cherche.
Un profil Flat compresse la plage dynamique de l'image pour la faire tenir dans le fichier encodé. La caméra "voit" la scène avec une dynamique réelle de 12 à 14 stops. L'écran de ton téléphone en affiche environ 8. Si la caméra encodait directement une image contrastée et saturée, elle devrait sacrifier des informations dans les hautes lumières ou dans les ombres pour rentrer dans cet espace plus petit.
Le profil Flat dit à la caméra : encode tout, sans interprétation. L'image sera moche à l'écran, mais le fichier contiendra les détails du corail blanc en pleine lumière ET le détail de l'ombre sous le surplomb rocheux. DaVinci Resolve récupère ensuite ces informations et les redistribue proprement.
Un fichier GoPro en profil Standard est déjà "cuit". Ce que la caméra a supprimé dans les hautes lumières ne revient pas en post-production, quelles que soient tes courbes.
La première chose à faire quand tu importe une session GoPro sous-marine, c'est de créer un étalonnage de référence sur un plan représentatif des conditions générales, puis de l'appliquer en groupe à tous les plans de la session.
Voici le processus dans DaVinci :
Charge ton plan de référence dans la page Color. Commence par la pipette de balance des blancs sur une zone neutre - sable blanc, zone de roche grise, ou une carte grise si tu en utilises une. DaVinci recalcule immédiatement la température de couleur.
Ensuite, remonte les rouges dans les midtones avec les courbes canal par canal. L'eau entre la caméra et le sujet a absorbé du rouge - les midtones manquent de chaleur même après la balance des blancs. Une remontée de 10-15% dans le milieu de la courbe rouge suffit dans la majorité des cas.
Fais un clic droit sur ce clip corrigé et sélectionne "Apply Color Correction to All Clips in this Group". Toute ta session hérite de cet étalonnage de base. Tu n'as plus qu'à affiner plan par plan pour les variations de profondeur ou de lumière.
Le bruit vidéo des GoPro en conditions de faible lumière se manifeste de deux façons. Le bruit de luminance (grain visible, comme de la neige grise sur l'image) et le bruit de chrominance (pixels colorés aléatoires, souvent visibles dans les zones bleues ou les ombres).
Dans DaVinci Resolve, l'outil Temporal Noise Reduction analyse plusieurs images successives pour distinguer le bruit du mouvement réel. C'est nettement plus efficace sur de la vidéo que le Spatial Denoise seul.
La règle d'or : commence toujours par le réglage le plus bas qui fait disparaître le bruit gênant. Sur les surfaces biologiques - peau des poissons, textures coralliennes, nudibranches - une réduction trop agressive lisse ces détails et crée un rendu plastique artificiel. La texture d'un poisson perroquet ou les polygones d'un tête-de-noeud doivent survivre à la réduction de bruit. Si tu les perds, tu as dépassé la limite.
Pour les fonds marins sableux ou les zones d'eau bleue sans sujet précis, tu peux pousser la réduction plus loin - il n'y a pas de détail biologique à préserver.
Les réglages d'export ne sont pas neutres. Une vidéo de plongée magnifiquement étalonnée peut sembler fade si elle est exportée avec un bitrate insuffisant pour sa destination.
Pour YouTube : H.264 ou H.265, résolution native (4K si tu as filmé en 4K), bitrate 50-80 Mbps pour du 4K, fréquence d'images identique à ton projet. Le preset "YouTube" de DaVinci Resolve est un bon point de départ. Active le désentrelacement si tu travailles avec des sources mixtes.
Pour Instagram (Reels, Stories) : H.264, résolution 1080x1920 pour les formats verticaux ou 1080x1080 pour le carré, bitrate 10-15 Mbps. Instagram recompresse systématiquement les vidéos à l'upload - exporte en qualité suffisante pour que la recompression Instagram ne détruise pas ton travail, mais inutile de monter à 80 Mbps pour un format que la plateforme va recompresser de toute façon.
Pour l'archivage master : ProRes 422 HQ ou DNxHD. Ces codecs quasi-sans-perte préservent tout le travail de correction pour une réutilisation future. Les fichiers sont volumineux (une heure de 4K ProRes 422 HQ occupe environ 400 Go), mais c'est le seul format qui garantit que tu pourras ouvrir ce projet dans 10 ans sans dégradation.
Une règle pratique : exporte toujours d'abord le master ProRes, puis dérive les versions web depuis ce master plutôt que depuis le projet DaVinci. Tu protèges ainsi ta correction de toute variation de rendu entre versions de DaVinci.
Cela vaut la peine de clarifier quelque chose d'important.
Quand nous parlons de "correction couleur" pour la vidéo sous-marine, nous parlons de restauration, pas de manipulation. Notre objectif est de montrer ce que vous avez réellement vu sous l'eau, mais avec les vraies couleurs. Pas de Hollywood. Pas de surpuissance des teintes. Juste de l'honnêteté.
Trop de contenu sous-marin sur les réseaux sociaux est traité à l'excès. Les coraux sont surchargés de saturation. Les poissons sont irréalistes. Cela crée un problème : quand les gens regardent le monde sous-marin réel, cela leur semble fade en comparaison. C'est triste.
Chez AquaExposure, nous visons un équilibre. Corriger les lacunes légitimes (le rouge manquant, le bruit) tout en préservant l'essence visuelle réelle de ce que vous avez capturé.
Voici mon processus complet, début à fin :
Tournage : - Utilisez une carte gris neutre 18% pour référence de balance des blancs - Exposez pour les highlights (utilisez un moniteur externe si vous pouvez) - Filmez en log ou en profil plat si votre appareil le permet (cela maximise la latitude de correction)
Importation : - Importez le fichier vidéo original dans Resolve - Générez des proxies pour travailler rapidement
Correction : - Balance des blancs avec la pipette - Ajustements des courbes RVB - Réduction de bruit spatiale - Stabilisation légère si nécessaire - Application facultative d'une LUT AquaExposure comme point de départ
Affinage : - Ajustements finaux Lift/Gamma/Gain - Vérification de la saturation des couleurs (ne pas en faire trop) - Veuillez regarder sur un moniteur calibré si possible
Export : - Exporter d'abord en ProRes 422 HQ pour l'archivage - Exporter en H.264 ou H.265 pour la distribution - Toujours vérifier l'export final sur plusieurs appareils
DaVinci Resolve est dédié à la vidéo. Mais quand tu travailles en photo - que ce soit des RAW d'un compact expert ou des frames extraites d'une vidéo 4K - le workflow de retouche suit une logique différente, et les outils changent. Voici la méthode AquaExposure pour la photo sous-marine, de l'image brute à l'image finale.
Beaucoup de gens ouvrent une photo sous-marine et commencent par les couleurs parce que c'est ce qui saute aux yeux. C'est une erreur. Le workflow ordonné existe pour une raison : chaque étape conditionne la suivante. Si tu corriges les couleurs avant de recadrer, tu passes du temps sur des zones qui disparaîtront. Si tu ajustes l'exposition avant de vérifier la balance des blancs, tu amplifies une dominante que tu devras compenser ensuite.
1. Cadrage et redressement de l'horizon Commence toujours par là. L'horizon marin doit être parfaitement horizontal sauf choix stylistique délibéré. Un horizon penché à 2 degrés se voit immédiatement et détruit la crédibilité d'une image pourtant excellente. Recadre pour éliminer les éléments parasites, mais reste honnête : ne supprime pas des éléments qui font partie du contexte réel de la scène.
2. Exposition globale Après le cadrage, évalue l'exposition sans toucher aux couleurs. L'outil de référence, c'est l'histogramme - pas l'aperçu à l'écran, qui dépend de la calibration de ton moniteur. Vise une exposition qui conserve le détail dans les hautes lumières (zones claires) sans sacrifier inutilement les ombres. Sous l'eau, les hautes lumières saturent vite en surface et les ombres sont profondes en descente - un histogramme légèrement penché vers les ombres est souvent normal.
3. Balance des blancs C'est ici que la dominante bleue ou verte se corrige. Utilise le curseur de température (en K
Dans DaVinci Resolve, commencez par corriger la balance des blancs avec la pipette sur une zone neutre. Augmentez ensuite le canal rouge dans les courbes (Log), réduisez le bleu dans les ombres, et ajustez la saturation globale. Pour les vidéos filmées en lumière naturelle, une LUT de correction sous-marine appliquée en premier nœud simplifie considérablement le workflow.
Un filtre rouge physique compense la perte des couleurs chaudes à la prise de vue, mais son efficacité diminue avec la profondeur et varie selon la turbidité de l'eau. La correction en post-production offre plus de contrôle et de flexibilité, mais nécessite de filmer en format LOG ou RAW pour préserver la latitude d'exposition. L'idéal est de combiner les deux approches.