
ISO, balance des blancs, vitesse, profil couleur : les réglages photo sous-marine qui font la différence. Les paramètres exacts que j'utilise.
Il m'a fallu beaucoup de plongées ratées pour comprendre une chose : sous l'eau, les réglages automatiques ne fonctionnent pas. Pas parce que la technologie est mauvaise. Parce que l'eau change les règles physiques de la lumière, et aucun algorithme de smartphone ou d'appareil photo n'a été conçu pour ça.
La bonne nouvelle : une fois que tu comprends pourquoi chaque réglage existe, tu n'as plus à y réfléchir. Tu règles avant de plonger, tu oublies le menu, et tu te concentres sur ce qui compte : l'approche et la lumière.
Voici exactement ce que je règle, dans l'ordre où je le fais, avec les valeurs que j'utilise.
En surface, ton appareil photo ou ton téléphone gère bien la situation. Il mesure la lumière, ajuste l'exposition, la balance des blancs, et produit quelque chose d'acceptable automatiquement.
Sous l'eau, trois choses cassent ce système.
Premièrement, les couleurs disparaissent physiquement. L'eau absorbe les longueurs d'onde dans un ordre précis : le rouge part dès 3 mètres, l'orange à 5 mètres, le jaune à 10 mètres. Ton appareil ne peut pas récupérer ce qui n'existe plus dans la lumière. La balance des blancs automatique essaie de compenser, mais elle choisit des paramètres différents sur chaque photo, rendant ta série incohérente et souvent trop froide.
Deuxièmement, l'eau réduit la lumière disponible même en plein soleil. Ce qui semble brillant à 8 mètres de profondeur représente souvent moins de 20 % de la lumière de surface. Ton capteur compense en montant les ISO, ce qui crée du bruit numérique.
Troisièmement, les sujets bougent. Un poisson, une raie, un poulpe : ils ne posent pas. La vitesse d'obturation doit être suffisamment rapide pour les figer, ce qui limite encore la lumière disponible.
Ces trois contraintes se combinent. C'est pour ça que la photo sous-marine automatique produit des résultats décevants, même avec un bon équipement.
C'est celui que la majorité des plongeurs ignorent. Et c'est la première chose que je règle.
La balance des blancs en mode automatique (AWB) est instable sous l'eau. Elle change entre chaque déclenchement selon la lumière ambiante, créant une incohérence de couleurs d'une photo à l'autre. Sur des séries de 50 images prises lors d'une plongée, tu te retrouves avec des teintes différentes sur chaque image. Impossible à retoucher efficacement.
La valeur que j'utilise : 5000K fixe.
5000K correspond à une lumière de milieu de journée légèrement chaude. C'est le point de départ le plus fiable dans la grande majorité des situations sous-marines : eau tropicale, Méditerranée, eau tempérée entre 3 et 15 mètres. Tu vas récupérer des fichiers avec une dominante bleue ou verte selon la profondeur, mais cette dominante sera cohérente sur toute ta série et facile à corriger en post-production.
Comment régler la balance des blancs à 5000K : - Sur GoPro : Menu Vidéo > Balance des blancs > 5000K. Si ton caisson ne donne pas accès à ce menu, règle sur "Natif" plutôt qu'Auto. - Sur iPhone dans DiveVolk : utilise l'app DiveVolk ou Lightroom Mobile en mode manuel. Icône soleil > glisser jusqu'à 5000K. - Sur compact ou hybride : Menu Balance des blancs > Kelvin > 5000K.
Une chose à ne pas faire : utiliser des filtres rouges ou orange pour tenter de corriger la couleur à la prise de vue. Ces filtres assombrissent l'image, bloquent l'autofocus, créent une cast de couleur artificielle que la post-production ne corrige pas proprement, et donnent des résultats différents à chaque profondeur. La correction des couleurs passe par la post-production, pas par un accessoire plastique devant l'objectif.
Le deuxième réglage qui change tout : le profil couleur ou profil d'image.
La plupart des appareils proposent plusieurs profils : Standard, Vivid (saturé), Portrait, Flat (neutre), et parfois Log.
Sous l'eau, utilise systématiquement Flat ou Log.
Pourquoi ? Parce que ces profils compressent les hautes lumières et les ombres, conservant un maximum d'informations dans les zones extrêmes de l'image. Quand tu retoucheras en post-production pour récupérer les couleurs manquantes, tu auras beaucoup plus de matière à travailler.
Sur GoPro, le réglage correspondant s'appelle "Flat". La couleur. Dans les paramètres vidéo, tu choisis "Flat" et ton image sera grise et sans vie à l'écran. C'est exactement ce qu'il faut. La beauté est cachée dans ce fichier gris. Elle ressortira en post-production.
Sur iPhone, c'est le format ProRes avec profil "Log" (disponibles sur iPhone 15 Pro et 16 Pro). Pour les autres iPhones, le ProRAW avec Lightroom Mobile en mode manuel est l'équivalent pour la photo.
L'erreur courante : choisir le profil "Vivid" parce que les couleurs ont l'air mieux sur l'écran. En surface, dans un magasin, c'est vrai. Sous l'eau, ce profil sature des tons qui n'existent pas physiquement et bloque toute correction cohérente en post-production.
Si tu dois retenir une hiérarchie, la voici, dans l'ordre de priorité :
1. La vitesse d'obturation : c'est elle qui détermine si ton sujet est net ou flou. Sous l'eau, rien ne tient en place : le plancton, les particules en suspension, toi-même qui respires et dérivement légèrement. Minimum 1/125s pour tout sujet statique ou quasi-statique. 1/250 à 1/500s pour les espèces qui nagent activement. 1/1000s pour l'action rapide (requins, bonites, carangues). En dessous de 1/125s, tu peux compter sur le flou.
2. Les ISO : garde-les aussi bas que possible. ISO 100 ou 200 si la lumière le permet. Le maximum acceptable est 1600 sur la plupart des capteurs avant que le bruit numérique devienne gênant. Si tu dois monter au-delà de 1600, c'est le signal que tu manques de lumière : remonte, plonge plus tôt dans la journée, ou rapproche-toi de ton sujet.
3. L'ouverture : en général, travaille avec l'ouverture la plus large que ton objectif propose (f/2.8, f/4, voire f/1.8 si tu as un port adapté). Sous l'eau, on cherche la lumière. L'ouverture réduite (f/8, f/11) se justifie uniquement en macro pour avoir plus de profondeur de champ.
Ces trois réglages forment ce qu'on appelle le triangle d'exposition. Sous l'eau, tu sacrifies volontiers la profondeur de champ (ouverture large) et tu limites les ISO pour préserver la netteté (vitesse rapide).
Tu trouveras souvent cette règle mentionnée dans les cours de photo généraliste. Elle concerne l'astrophotographie : pour éviter que les étoiles ne soient floues sur une longue pose, on divise 500 par la focale pour obtenir la vitesse maximale (500 / 50mm = 10 secondes maximum).
Sous l'eau, cette règle n'a aucune application directe. Tu n'es pas en longue pose, tu travailles en pleine lumière (relative), et tes sujets bougent. La règle qui remplace la règle des 500 dans le contexte sous-marin est plus simple : ne descends jamais en dessous de 1/125s, quelles que soient les circonstances. Point.
Si tu rencontres une question "qu'est-ce que la règle des 500 en photographie ?", voilà la réponse courte : c'est une formule pour calculer la vitesse maximale en astrophotographie avant que le mouvement de la Terre crée un filé d'étoiles. Elle ne s'applique pas à la photo sous-marine.
Celle-là, en revanche, est directement utile et je l'utilise de façon intuitive à chaque plongée.
Le principe : sur une sortie photo sous-marine, 20 % du temps s'écoule avant que tu sois vraiment opérationnel (équilibrer la flottabilité, adapter tes yeux à la lumière, identifier les zones intéressantes). 60 % du temps est la fenêtre active de travail. Les 20 % finaux voient ta concentration baisser (air, fatigue, froid).
Ce que ça change dans la pratique : ne déclenche pas tout de suite en descendant. Prends le temps de te stabiliser, d'observer, de repérer. Les meilleures images viennent rarement des premières minutes d'une plongée.
Cette règle rejoint une position centrale dans l'approche AquaExposure : observer avant d'agir. Avant de sortir l'appareil, tu lis la scène. Tu identifies la lumière, les comportements animaux, les positions à tenir. Ensuite seulement tu déclenches.
La lumière sous l'eau change selon deux variables que tu contrôles : l'heure de ta plongée et ta profondeur.
L'heure : la fenêtre de lumière optimale est entre 10h et 14h. Le soleil est suffisamment haut pour que ses rayons pénètrent verticalement dans l'eau avec un minimum de perte. En dehors de cette fenêtre, la lumière arrive à un angle rasant, est filtrée sur une plus longue distance d'eau, et les couleurs se dégradent plus vite.
Conséquence directe sur les réglages : si tu plonges à 8h ou à 16h, tu devras soit augmenter les ISO (bruit numérique), soit ralentir l'obturation (risque de flou), soit accepter des images globalement plus sombres.
La profondeur : chaque mètre supplémentaire retire de la lumière et coupe une longueur d'onde. Entre 0 et 5 mètres, tu peux travailler avec peu d'ajustements. Entre 5 et 15 mètres, les rouges et oranges ont disparu et l'image sera verte ou bleue. Au-delà de 15 mètres, la correction couleur en post-production devient complexe et la netteté souffre du manque de lumière.
La règle d'or : rapproche-toi de ton sujet. 50 à 80 centimètres pour les éléments fixes (coraux, rochers, épaves). Minimum 2 mètres pour les animaux, par respect de leur espace vital. Plus tu es près, moins l'eau est entre toi et ton sujet, moins les couleurs sont absorbées.
Voici ce que je règle systématiquement sur le bord du bateau ou à la sortie du vestiaire, avant de mettre l'équipement dans l'eau.
Ce n'est pas une checklist de perfectionniste. C'est la différence entre revenir avec des images utilisables et revenir avec 300 photos bleues et floues.
Je les liste ici parce que je les ai toutes faites.
Laisser la balance des blancs en automatique. Je l'ai expliqué plus haut, mais c'est l'erreur la plus répandue et la plus coûteuse en post-production. Règle en 5000K, point.
Filmer en profil Vivid ou Standard. Tes couleurs ont l'air belles sur l'écran pendant la plongée. Tu rentres, tu ouvres les fichiers en post-production, et tu n'as plus de marge pour travailler. Filme plat, retouche ensuite.
Ne pas vérifier la vitesse d'obturation. Beaucoup de plongeurs règlent en mode automatique et laissent l'appareil choisir. Sous l'eau, l'appareil choisit souvent une vitesse trop lente pour compenser le manque de lumière, ce qui floute tout ce qui bouge. Mode manuel ou priorité obturation, et 1/125s minimum.
Plonger en dehors de la fenêtre 10h-14h sans ajuster. Les plongées de début de matinée sont magnifiques pour la tranquillité, le comportement animal, la visibilité. Elles sont difficiles pour la photo sans adapter les réglages en conséquence.
Toucher l'appareil photo à chaque plongée. L'objectif est de ne plus y penser sous l'eau. Les réglages se font en surface. Sous l'eau, tu te concentres sur l'approche, la lumière et la composition.
La vitesse d'obturation (minimum 1/125s pour figer le mouvement), la balance des blancs (5000K fixe pour corriger la dominante bleue), et le profil couleur (Flat ou Log pour maximiser la flexibilité en post-production). Ces trois réglages ensemble font la différence entre une image exploitable et un fichier inexploitable.
5000K fixe. C'est le point de départ le plus stable et le plus cohérent dans la grande majorité des situations (eau tropicale, Méditerranée, eau tempérée entre 3 et 15 mètres). L'automatique (AWB) est instable et produit des teintes différentes sur chaque image, ce qui rend la retouche incohérente. Sur certains appareils experts, la balance des blancs manuelle personnalisée sur un fond gris ou une ardoise blanche à la profondeur de travail est encore plus précise, mais 5000K fixe reste la valeur par défaut recommandée.
Dans l'app DiveVolk (si tu utilises un caisson DiveVolk) ou dans Lightroom Mobile en mode manuel : balance des blancs à 5000K, format ProRAW activé, ISO entre 100 et 800 selon la profondeur, vitesse d'obturation à 1/250s ou plus rapide. Sur les modèles Pro, active ProRes pour la vidéo avec le profil Log. Ne laisse aucun réglage en automatique.
Non. Les filtres rouges assombrissent l'image, bloquent l'autofocus sur de nombreux appareils, et ne s'adaptent pas aux changements de profondeur ou de luminosité. Ils créent une correction approximative à la prise de vue là où la post-production permet une correction précise et réversible. La bonne méthode est : balance des blancs à 5000K, profil Flat, et correction couleur en post-production (Snapseed, Lightroom, DaVinci Resolve).
La règle des 3/4 (ou règle des tiers) consiste à diviser l'image en 9 zones égales avec deux lignes horizontales et deux verticales, et à placer les éléments importants sur ces lignes ou à leurs intersections plutôt qu'au centre du cadre. Sous l'eau, elle s'applique avec une nuance : l'animal doit toujours avoir de l'espace devant lui dans la direction où il regarde (ce qu'on appelle l'espace de fuite ou "looking room"). Un poisson cadré à droite du cadre devrait regarder vers la gauche. Un animal cadré à gauche devrait regarder vers la droite. Ce principe rend la composition plus dynamique et naturelle.
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La vitesse d'obturation (minimum 1/125s pour figer le mouvement), la balance des blancs (5000K fixe pour corriger la dominante bleue), et le profil couleur (Flat ou Log pour maximiser la flexibilité en post-production). Ces trois réglages ensemble font la différence entre une image exploitable et un fichier inexploitable.
5000K fixe. C'est le point de départ le plus stable dans la grande majorité des situations (eau tropicale, Méditerranée, eau tempérée entre 3 et 15 mètres). L'automatique (AWB) est instable et produit des teintes différentes sur chaque image, ce qui rend la retouche incohérente.
Dans l'app DiveVolk (si tu utilises un caisson DiveVolk) ou dans Lightroom Mobile en mode manuel : balance des blancs à 5000K, format ProRAW activé, ISO entre 100 et 800 selon la profondeur, vitesse d'obturation à 1/250s ou plus rapide. Sur les modèles Pro, active ProRes pour la vidéo avec le profil Log. Ne laisse aucun réglage en automatique.
Non. Les filtres rouges assombrissent l'image, bloquent l'autofocus sur de nombreux appareils, et ne s'adaptent pas aux changements de profondeur. Ils créent une correction approximative à la prise de vue là où la post-production permet une correction précise et réversible. La bonne méthode : balance des blancs à 5000K, profil Flat, et correction en post-production.
La règle des 3/4 (ou règle des tiers) consiste à diviser l'image en 9 zones égales et à placer les éléments importants sur les lignes ou à leurs intersections. Sous l'eau, l'animal doit toujours avoir de l'espace devant lui dans la direction où il regarde — un poisson cadré à droite devrait regarder vers la gauche. Ce principe rend la composition plus dynamique et naturelle.