Topaz Photo AI ou DxO PureRAW pour vos photos sous-marines ? Tutoriel pas-à-pas, comparaison des résultats par cas réels et workflow Lightroom + IA complet.
Le module post-production avancée de la formation AquaExposure couvre le workflow complet Lightroom + IA, avec exercices pratiques sur vos propres photos.
La photo sous-marine génère deux problèmes persistants que ni la lumière naturelle ni le flash ne peuvent résoudre entièrement : le bruit numérique (ISO élevés en profondeur, faible luminosité) et la perte de netteté (mise au point difficile, mouvement de l'eau, diffraction). Ce sont deux problèmes que l'intelligence artificielle résout bien, mieux que les outils de correction traditionnels, et sans introduire de manipulation éthiquement problématique.
Cet article est un tutoriel appliqué. Il prend deux outils spécifiques (DxO PureRAW et Topaz Photo AI), les confronte sur des cas réels de photo sous-marine, et propose un workflow combiné avec Lightroom. Il est complémentaire à l'article IA et photo sous-marine 2026 qui couvre le panorama des outils.
En 2024, lors d'une formation à Bruxelles, un participant m'a montré ses photos de Komodo prises avec un GoPro Hero 12 à 18 mètres de profondeur. Bruit de compression visible, dominante grise-bleue, détails perdus dans les zones sombres. Il pensait qu'elles étaient inutilisables. On les a traitées avec DxO PureRAW, puis affinées dans Lightroom, en quinze minutes. Les images sont passées d'archives oubliées à photos publiables. Pas des chefs-d'oeuvre, des images honnêtes et propres. Ce workflow en deux étapes, c'est ce que cet article détaille.
Avant de commencer le tutoriel, un cadrage essentiel sur les limites des outils IA appliqués à la photo sous-marine.
DxO PureRAW et Topaz Photo AI font deux choses bien : réduire le bruit (les pixels parasites qui apparaissent dans les zones sombres ou aux hauts ISO) et améliorer la netteté (récupérer du détail perdu par la diffraction ou le mouvement léger de l'eau).
Ces deux outils ne font pas ceci : récupérer les couleurs absorbées par l'eau. La dominante bleue ou verte d'une photo prise à 15 mètres sans flash est une information physiquement absente du fichier. Aucun outil IA de débruitage ne reconstruit les longueurs d'onde rouges et oranges que l'eau a absorbées. Cette correction reste dans Lightroom, via la balance des blancs et les curseurs HSL.
La nuance importante sur Topaz Photo AI : sur les zones très bruitées et les zones homogènes (sable, fond sombre, eau uniforme), l'IA peut générer des textures légèrement artificielles. Ce phénomène est documenté et visible si vous comparez le fichier original à 400% et le fichier traité à 400%. La position AquaExposure sur ce point : appliquer le débruitage à 70-80% de l'intensité maximale, pas à 100%, pour conserver un grain naturel et éviter l'effet "peinture numérique".
DxO PureRAW est un outil de prétraitement. Il traite votre fichier RAW avant que Lightroom ne l'ouvre, en appliquant les profils optiques DxO (distorsion, vignettage, aberration chromatique) et la correction IA du bruit.
Étape 1 : Importer les fichiers
Ouvrez DxO PureRAW. Glissez vos fichiers RAW ou importez-les via le menu Fichier. L'interface affiche une liste avec un aperçu pour chaque image.
Étape 2 : Vérifier le support de l'appareil
DxO affiche automatiquement si votre combinaison boîtier-objectif est reconnue dans sa base de données. Un badge vert confirme le support. Si votre appareil n'est pas supporté (cas fréquent avec les GoPro et les compacts étanches), vous obtenez tout de même un débruitage générique, mais sans correction optique. C'est acceptable pour les archives, moins idéal pour les photos importantes.
Étape 3 : Choisir le mode de débruitage
DxO PureRAW propose trois modes : DeepPRIME (qualité maximale, temps de traitement long), DeepPRIME XD (meilleur sur les très hauts ISO, encore plus lent), et Classic NR (rapide, résultats corrects pour la prévisualisation). Pour vos photos sous-marines importantes, utilisez DeepPRIME. Pour un tri rapide d'archive, Classic NR suffit.
Étape 4 : Choisir le format de sortie
DxO PureRAW peut générer un fichier DNG linéaire (idéal pour Lightroom, conserve toute la dynamique RAW) ou un JPEG/TIFF. Pour la photo sous-marine, choisissez toujours DNG linéaire. Vous conservez toute la latitude de correction couleur dans Lightroom ensuite.
Étape 5 : Lancer le traitement
Cliquez sur Traiter. Sur une machine récente, DxO PureRAW traite une photo en 15 à 45 secondes selon le mode et la résolution. Pour un batch de 50 photos, comptez 15 à 45 minutes en DeepPRIME.
Étape 6 : Ouvrir dans Lightroom
DxO PureRAW peut envoyer directement les fichiers traités dans Lightroom (via l'option d'exportation vers Lightroom). Vous retrouvez les DNG dans votre catalogue avec leur nom d'origine suivi de "(DeepPRIME)".
Topaz Photo AI réunit trois fonctions dans une seule application : débruitage, amélioration de la netteté, et agrandissement. Pour la photo sous-marine, les deux premières sont les plus utiles.
Étape 1 : Importer les fichiers
Topaz Photo AI accepte les fichiers RAW, JPEG, TIFF et PNG. C'est son avantage sur DxO PureRAW : vous pouvez traiter des JPEG issus d'un compact étanche ou d'une GoPro, pas seulement des RAW.
Étape 2 : Vérifier les suggestions automatiques
Topaz Photo AI analyse chaque image à l'ouverture et propose automatiquement un mode de traitement. Sur une photo sous-marine standard, il suggère en général "Low Light" (bruit en basses lumières) ou "Motion Blur" (flou de bougé). Ces suggestions sont souvent pertinentes, mais vérifiez-les sur chaque image.
Étape 3 : Ajuster l'intensité
Pour la photo sous-marine, deux réglages méritent une attention particulière :
Le curseur "Strength" du débruitage : réglez-le entre 70 et 80, pas à 100. À 100, Topaz peut lisser les textures de corail ou de sable jusqu'à les rendre artificielles.
Le curseur "Sharpen" : utile pour récupérer la netteté perdue en profondeur ou par mouvement léger de l'eau. Réglez-le à 40-60 sur les sujets animaux, à 70-80 sur les photos statiques (macro, vie fixée, épaves).
Étape 4 : Prévisualisation avant traitement
Topaz Photo AI propose une prévisualisation en temps réel à 100% sur la zone sélectionnée. Vérifiez toujours sur une zone critique (oeil d'un poisson, textures de corail) avant de valider. C'est l'étape la plus importante du workflow.
Étape 5 : Exporter
Topaz Photo AI exporte en JPEG, TIFF 16 bits ou DNG. Pour conserver la latitude de retouche maximale dans Lightroom, exportez en TIFF 16 bits ProPhoto RGB. Le fichier est plus lourd, mais toute la correction couleur reste disponible.
Le workflow AquaExposure pour la post-production IA se déroule en quatre étapes dans l'ordre suivant.
1. Tri rapide dans Lightroom (Classic NR en DxO ou Topaz, ou juste l'aperçu RAW)
Ne traitez pas toutes vos photos. Triez d'abord dans Lightroom (drapeaux, notes 1-5) et sélectionnez les images à travailler. En voyage de 7 jours avec deux plongées par jour, vous produisez 200 à 600 photos. En traiter 30 à 50 avec DxO ou Topaz est réaliste.
2. Prétraitement IA (DxO PureRAW ou Topaz Photo AI)
Lancez DxO PureRAW ou Topaz Photo AI sur votre sélection finale. Pour les RAW avec support boîtier DxO : choisissez DxO. Pour les JPEG GoPro ou les appareils non supportés par DxO : choisissez Topaz.
3. Correction couleur dans Lightroom
Ouvrez les DNG ou TIFF produits dans Lightroom. Appliquez votre workflow habituel de correction couleur : balance des blancs (tirée vers le chaud selon la profondeur et le type d'eau), récupération des tons rouges et oranges via les curseurs HSL, gestion de l'exposition et des hautes lumières, correction du voile (Dehaze). Pour aller plus loin sur cette étape, l'article sur le workflow retouche Lightroom couvre chaque curseur en détail.
4. Vérification et export
Comparez l'image traitée avec le fichier original dans la vue "Avant/Après" de Lightroom. Si la correction IA a introduit des artefacts (textures plastiques sur le sable, lissage excessif des nageoires), réduisez le niveau de débruitage en retournant dans Topaz ou DxO. Pour voir des exemples concrets de cette transformation, l'article avant/après retouche photo sous-marine illustre plusieurs cas par étapes.
Voici comment DxO PureRAW et Topaz Photo AI se comportent sur les cas les plus courants en photo sous-marine.
Cas 1 : RAW Sony A6400 à ISO 3200, 20 mètres, eau bleue DxO PureRAW (DeepPRIME) supprime le bruit de luminance sans altérer la netteté des textures d'éponge. Topaz Photo AI donne un résultat proche, très légèrement plus aggressif sur les zones homogènes. Avantage DxO sur ce type de fichier.
Cas 2 : JPEG GoPro Hero 12 à 18 mètres DxO PureRAW ne supporte pas le GoPro Hero 12 (non couvert dans la base optique). Topaz Photo AI traite le JPEG directement avec le mode Low Light. La réduction du bruit de compression est significative. Avantage Topaz sur ce type de fichier.
Cas 3 : RAW Olympus TG-7 en macro, ISO 400 Les deux outils fonctionnent. DxO génère un profil générique (TG-7 non couvert dans la base complète). Topaz Photo AI avec Sharpen à 60% récupère de la netteté sur les antennes de crevette que DxO ne touche pas. Match nul, léger avantage Topaz sur la netteté.
Cas 4 : JPEG iPhone 14 Pro en caisson, 5 mètres DxO PureRAW : non supporté pour les JPEG iPhone. Topaz Photo AI : traitement efficace en mode Mobile AI. Le débruitage est plus visible que sur un vrai RAW, mais le résultat est publiable.
Cas 5 : RAW Nikon Z6 avec flou de bougé modéré Topaz Photo AI avec mode Motion Blur récupère partiellement la netteté. DxO PureRAW ne traite pas les flous de bougé, seulement le bruit. Avantage Topaz sur ce cas spécifique.
Ces deux outils respectent la ligne éditoriale AquaExposure : ils révèlent ce que la photo contient sans inventer de scène différente. Réduire le bruit et améliorer la netteté, c'est faire voir au spectateur ce que vous avez effectivement photographié, en réduisant la dégradation technique du processus de capture.
La ligne rouge reste la génération d'éléments nouveaux (Generative Fill, inpainting, remplacement de zones). Cette frontière est documentée dans l'article sur les deepfakes marins et l'IA générative pour ceux qui veulent comprendre les enjeux éthiques en profondeur.
L'article sur Topaz Photo AI en photo sous-marine complète ce tutoriel avec une analyse de ce que l'IA révèle versus ce qu'elle invente, sur des cas visuels commentés.
En résumé : si vous avez des RAW Sony, Canon, Nikon ou Olympus, commencez par DxO PureRAW. Si vous avez des fichiers GoPro, iPhone ou des JPEG d'archive, commencez par Topaz Photo AI. Dans les deux cas, la correction couleur reste dans Lightroom. Et dans les deux cas, le curseur d'intensité reste sous 80%.
DxO PureRAW est un outil de prétraitement RAW : il supprime le bruit et améliore la netteté du fichier brut avant que Lightroom ne l'ouvre. Topaz Photo AI fait la même chose mais peut aussi travailler sur des JPEG et des fichiers déjà retouchés. En pratique, DxO PureRAW donne de meilleurs résultats sur les RAW purs, Topaz Photo AI est plus polyvalent pour les archives mixtes.
Non. Passer un fichier dans les deux outils n'améliore pas les résultats et introduit des artefacts. Choisissez l'un ou l'autre selon votre source : DxO PureRAW pour les fichiers RAW natifs, Topaz Photo AI pour les JPEG, PNG ou fichiers déjà convertis.
En partie. DxO PureRAW et Topaz Photo AI améliorent le bruit et la netteté, mais ne reconstituent pas les couleurs absorbées par l'eau. La correction de la dominante bleue ou verte reste à faire dans Lightroom ou Camera RAW, via les curseurs HSL et balance des blancs. Les outils IA complètent la correction manuelle, ils ne la remplacent pas.
Sur les zones très bruitées, Topaz Photo AI peut générer des textures légèrement artificielles qui n'étaient pas dans le fichier original. Ce phénomène est plus visible sur les zones homogènes (sable, fond sombre) que sur les sujets avec détail (poissons, coraux). La position AquaExposure : appliquer le débruitage à 70-80% de l'intensité maximale pour conserver un grain naturel.
DxO PureRAW utilise une base de données optique par combinaison boîtier-objectif. Il supporte la grande majorité des boîtiers Sony, Canon, Nikon, Fujifilm et Olympus/OM System utilisés en plongée. Les caméras d'action (GoPro, Insta360) et les compacts étanches (TG-7) ont un support limité ou inexistant. Dans ce cas, Topaz Photo AI est la meilleure alternative.
Oui, dans le cadre d'un usage honnête : réduction du bruit, amélioration de la netteté, correction de l'exposition. Ces outils révèlent ce que la photo contient, ils n'inventent pas une scène différente. La ligne rouge est la génération IA (Generative Fill, inpainting) qui ajoute ou supprime des éléments de la scène réelle. C'est une manipulation documentaire, pas de la retouche.