
NVIDIA SeaSplat restaure les couleurs par IA, Topaz élimine le bruit, Adobe retouche auto. Outils IA pour la photo sous-marine en 2026.
Avant de parler d'intelligence artificielle et de photographie sous-marine, il faut rappeler un fait que tout plongeur connaît par expérience : l'eau est l'ennemie absolue de la couleur. Dès le premier mètre de profondeur, les rouges commencent à disparaître. À cinq mètres, les oranges suivent. À dix mètres, il ne reste plus que du bleu et du vert, et votre magnifique nudibranche écarlate ressemble à un caillou gris sur un fond bleu uniforme.
C'est ce problème fondamental, celui de la physique de la lumière dans l'eau, que l'intelligence artificielle commence à résoudre d'une manière qui aurait semblé relever de la science-fiction il y a encore trois ans.
Le projet le plus ambitieux vient de NVIDIA Research, et il s'appelle SeaSplat. Le principe est à la fois simple à comprendre et redoutablement complexe à réaliser : à partir de photos sous-marines brutes, l'algorithme reconstruit ce que la scène aurait l'air sans les distorsions causées par l'eau.
SeaSplat utilise une technique appelée 3D Gaussian Splatting pour modéliser la scène en trois dimensions, puis retire mathématiquement les effets de l'eau (brume, diffusion, absorption sélective des couleurs). Le résultat est une image (ou une scène 3D navigable à 360 degrés) qui montre les couleurs réelles des sujets, comme s'ils étaient photographiés dans l'air.
Les rouges et les jaunes, habituellement perdus dès les premiers mètres, réapparaissent avec une fidélité surprenante. Les détails fins des coraux et des organismes marins, noyés dans la brume sous-marine, ressortent avec une netteté nouvelle. Le système tourne sur des GPU NVIDIA L40 et a déjà été testé sur des récifs aux Îles Vierges américaines et en Mer Rouge.
Pour les écologistes et les scientifiques, c'est un outil de monitoring précieux : analyser l'état d'un récif à partir de photos standard, sans équipement spécialisé. Pour les photographes sous-marins, c'est la promesse de pouvoir restaurer des images qu'on pensait irrécupérables.
SeaSplat est encore un projet de recherche, pas un logiciel grand public. Mais d'autres outils IA sont déjà dans les mains des photographes sous-marins, et les résultats sont concrets.
Topaz DeNoise AI est devenu un incontournable pour la réduction du bruit numérique. En photo sous-marine, où les conditions de faible luminosité obligent à monter en ISO, le bruit est un ennemi permanent. Topaz analyse l'image et retire le bruit tout en préservant les détails fins, avec des résultats qui dépassent largement ce que les filtres de réduction de bruit classiques peuvent produire.
RC-Astro Backscatter Eliminator s'attaque à un autre fléau de la photo sous-marine : le backscatter, ces particules en suspension éclairées par le flash ou la lampe qui parsèment l'image de points lumineux. L'outil détecte et supprime ces particules automatiquement, un travail qui prenait auparavant des dizaines de minutes de retouche manuelle par image.
Adobe teste en version bêta son Generative Fill dans Photoshop, avec des applications directes pour la photo sous-marine : combler un coin d'image coupé par le bord du caisson, retirer un bout de sangle de palme dans le cadre, ou étendre légèrement un arrière-plan bleu. Les résultats sont convaincants pour les petites retouches, mais restent identifiés comme génération IA pour les modifications importantes.
L'Underwater Photographer of the Year (UPY) a mis à jour ses règles en 2026 : le traitement numérique reste autorisé, mais l'utilisation de l'IA pour générer des images entières ou des portions substantielles d'une photo est strictement interdite.
Cette distinction est importante pour les photographes sous-marins : utiliser l'IA pour corriger les couleurs, réduire le bruit ou éliminer le backscatter relève de l'amélioration technique, comparable à ce qu'on faisait déjà en chambre noire. Générer un poisson qui n'était pas là, ou un récif qui n'existe pas, c'est de la création, pas de la photographie.
La ligne est parfois fine, et elle va continuer à se déplacer à mesure que les outils deviennent plus puissants. Mais pour l'instant, la communauté s'accorde sur un principe clair : l'IA est un outil de développement, pas un remplacement du photographe sous l'eau.
Pour ceux qui veulent intégrer ces outils dans leur pratique sans se perdre, voici une approche qui fonctionne.
On commence par le tri : Lightroom ou Capture One pour la sélection et les ajustements de base (exposition, balance des blancs, contraste). On enchaîne avec la réduction de bruit : Topaz DeNoise AI sur les images à hauts ISO. On retire le backscatter : RC-Astro Backscatter Eliminator sur les images flashées. On termine par les ajustements fins : retouche locale dans Lightroom ou Photoshop, recadrage, accentuation.
Ce workflow ajoute peut-être dix minutes par image, mais la différence de qualité finale justifie largement l'investissement en temps. Et il préserve l'intégrité de la photo : tout ce qui est dans l'image finale était réellement là au moment du déclenchement.
L'IA ne transforme pas un mauvais photographe en bon photographe. Elle transforme une bonne photo prise dans des conditions difficiles en une image qui rend enfin justice à ce que le plongeur a vu de ses propres yeux sous la surface.
Et c'est peut-être là sa plus belle promesse : non pas inventer une réalité sous-marine, mais révéler celle qui existe déjà, cachée derrière le voile bleu de l'eau.
Oui, mais avec des nuances. Les outils comme Topaz ou Lightroom améliorent considérablement le rendu des couleurs en post-traitement. NVIDIA SeaSplat va plus loin en reconstruisant mathématiquement les couleurs absorbées par l'eau. Pour l'instant, SeaSplat reste un projet de recherche, mais les résultats sur les récifs testés sont impressionnants. Les outils grand public actuels corrigent déjà très bien le bruit et le backscatter.
L'approche la plus saine consiste à utiliser l'IA uniquement pour corriger ce que l'eau a dégradé, pas pour inventer ce qui n'existait pas. Réduction de bruit avec Topaz, suppression du backscatter avec RC-Astro, ajustements de couleur dans Lightroom. Le principe directeur : tout ce qui apparaît dans l'image finale doit avoir été réellement présent au moment du déclenchement.
Les concours comme l'UPY distinguent l'amélioration technique (réduction de bruit, correction de couleur) de la génération de contenu (ajouter un animal, modifier un décor). La première relève du développement, la seconde de la création. Cette ligne protège l'intégrité de la photographie comme témoignage du réel, un principe fondamental en photo sous-marine.
Lightroom propose déjà des fonctions IA intégrées (masquage automatique, réduction de bruit). Adobe Firefly permet des retouches locales. Pour aller plus loin, Topaz DeNoise AI reste l'investissement le plus rentable pour les photographes sous-marins qui shootent régulièrement en conditions de faible luminosité.
L'IA ne remplace pas la maîtrise de la prise de vue. Notre module Post-traitement dans la formation photo sous-marine vous apprend à tirer le meilleur de vos images, des réglages terrain jusqu'à la retouche finale.
Oui, mais avec des nuances. Les outils comme Topaz ou Lightroom améliorent considérablement le rendu des couleurs en post-traitement. NVIDIA SeaSplat va plus loin en reconstruisant mathématiquement les couleurs absorbées par l'eau. Pour l'instant, SeaSplat reste un projet de recherche, mais les outils grand public actuels corrigent déjà très bien le bruit et le backscatter.
L'approche la plus saine consiste à utiliser l'IA uniquement pour corriger ce que l'eau a dégradé, pas pour inventer ce qui n'existait pas. Réduction de bruit avec Topaz, suppression du backscatter avec RC-Astro, ajustements de couleur dans Lightroom. Le principe directeur : tout ce qui apparaît dans l'image finale doit avoir été réellement présent au moment du déclenchement.
Les concours comme l'UPY distinguent l'amélioration technique (réduction de bruit, correction de couleur) de la génération de contenu (ajouter un animal, modifier un décor). La première relève du développement, la seconde de la création. Cette ligne protège l'intégrité de la photographie comme témoignage du réel.
Lightroom propose déjà des fonctions IA intégrées (masquage automatique, réduction de bruit). Adobe Firefly permet des retouches locales. Pour aller plus loin, Topaz DeNoise AI reste l'investissement le plus rentable pour les photographes sous-marins qui shootent régulièrement en conditions de faible luminosité.