AquaVision 3.0 fonctionne bien en snorkeling et eau claire peu profonde. Passé 10 mètres ou en eau chargée, ça se complique. Ce que la balance des blancs manuelle et le post-traitement font encore mieux.
La correction automatique de la couleur sous-marine est une idée séduisante. Plutôt que d'apprendre à régler une balance des blancs, de comprendre comment la lumière change avec la profondeur et le type d'eau, et de passer du temps en post-traitement à récupérer les rouges perdus à 15 mètres - un algorithme s'en charge à votre place. C'est la promesse d'AquaVision 3.0, la dernière mise à jour de correction couleur proposée par Insta360 dans son application.
La promesse mérite d'être testée avec honnêteté, parce qu'elle contient une part de réalité et une part d'optimisme commercial qu'il faut savoir distinguer.
Dans les bonnes conditions, AquaVision 3.0 produit des résultats convaincants. Les bonnes conditions, ce sont : le snorkeling, l'apnée courte, la plongée en eau claire entre 0 et 10-12 mètres, et une visibilité décente.
Dans ces situations, la perte de couleur est limitée. La lumière du soleil pénètre encore avec une intensité suffisante pour que les rouges et les oranges restent récupérables. L'algorithme a un travail raisonnable à faire, et il le fait bien. Le résultat est souvent meilleur que la même image sans correction, et accessible sans aucune connaissance de post-traitement.
Pour quelqu'un qui veut ramener des images correctes d'un voyage de snorkeling aux Maldives ou d'une séance d'apnée en Méditerranée en été, AquaVision 3.0 est une aide réelle. C'est un outil qui a sa place dans un flux de travail léger.
Le problème commence quand on sort de ces conditions favorables.
À partir de 10-12 mètres dans une eau moyenne, ou plus tôt dans une eau chargée (turbidité élevée, plancton, courant qui remue les sédiments), l'algorithme travaille avec des données insuffisantes. La perte des rouges devient trop importante, et la correction devient une supposition statistique plutôt qu'une mesure réelle. Le résultat peut sembler amélioré par rapport à l'image brute, mais il n'est pas fidèle à ce que l'oeil a vu sous l'eau, et les transitions de teinte entre zones d'ombre et zones éclairées deviennent artificielles.
C'est la limite fondamentale de toute correction algorithmique post-capture : elle travaille à partir d'une image déjà dégradée, sans savoir ce que vous vouliez photographier ni ce que vous avez réellement vu. L'algorithme devine. Il ne mesure pas.
La balance des blancs manuelle, quand elle est réglée correctement à la profondeur de travail, mesure la réalité de la lumière au moment de la prise de vue. Elle donne à la caméra une référence précise : voilà ce qui est gris neutre dans ce contexte précis, à cette profondeur, avec cette eau-ci.
Cette mesure ne peut pas être reproduite après coup. Quand vous rentrez au bateau avec une image correctement balancée dès la prise de vue, votre marge de post-traitement devient considérablement plus large et votre résultat final plus fidèle.
L'article sur la correction des couleurs en photo sous-marine traite cette comparaison en détail. La conclusion est la même : la correction algorithmique est un rattrapage. La balance des blancs manuelle est une décision de prise de vue.
Pour les workflows vidéo, DaVinci Resolve avec un profil couleur adapté et une balance des blancs correcte à la source produit des résultats qu'AquaVision 3.0 ne peut pas atteindre sur une image mal exposée à la base.
C'est peut-être le point le plus important, et celui qu'Insta360 ne mettra pas en avant dans ses communications.
AquaVision 3.0 peut créer une fausse confiance. Si vous filmez à 20 mètres dans une eau chargée en vous disant que l'algorithme "corrigera tout", vous rentrerez avec des images que ni AquaVision ni aucun autre outil ne pourra vraiment sauver. L'algorithme améliore ce qui est récupérable. Il ne crée pas de données qui n'existent pas.
La correction de la couleur sous-marine selon la profondeur et le type d'eau est une compétence qui s'apprend et qui change fondamentalement la qualité de vos images, quelle que soit la caméra utilisée par la suite. Cette compétence, aucun algorithme ne peut la remplacer, parce qu'elle se passe au moment du choix d'angle, de profondeur et de lumière, avant même d'appuyer sur Record.
Les presets Lightroom pour la photo sous-marine fonctionnent sur le même principe : ils ne sauvent pas une image mal exposée, mais ils accélèrent considérablement le travail sur une image correctement capturée.
AquaVision 3.0 est un bon outil dans ses limites. Ces limites sont réelles, et il est utile de les nommer clairement pour ne pas créer de déception chez les plongeurs qui investissent dans une caméra Insta360 en s'attendant à une correction universelle.
Pour le snorkeling, l'apnée, les eaux claires peu profondes : utilisez-le, il vous fera gagner du temps.
Pour la plongée au-delà de 10-12 mètres, l'eau chargée, la faible lumière : apprenez la balance des blancs manuelle et le post-traitement adapté. C'est dans le module technique de la formation photo et vidéo sous-marine que ces réglages sont travaillés pratiquement, plongée après plongée.
Un algorithme ne voit pas ce que vous voyez. Il corrige ce qu'il peut deviner.
Et parfois, ce n'est pas suffisant.
AquaVision 3.0 est un mode de traitement automatique de la couleur intégré à l'application Insta360, conçu pour corriger la dominante bleue-verte de l'eau et compenser la perte des rouges en profondeur. Il s'applique à l'enregistrement ou en post sur les vidéos filmées avec les caméras compatibles.
AquaVision 3.0 est efficace pour le snorkeling, l'apnée courte et la plongée en eau claire avec bonne visibilité, entre 0 et 10-12 mètres. Dans ces conditions, la perte de couleur est limitée et l'algorithme peut la corriger de façon convaincante. Plus la lumière ambiante est forte et l'eau transparente, meilleur est le résultat.
Un algorithme de correction de couleur travaille à partir de suppositions statistiques sur la composition de l'eau et la profondeur. La balance des blancs manuelle, réglée sur une ardoise grise ou un fond de couleur neutre, mesure la réalité de la lumière au moment de la prise de vue. Cette mesure précise ne peut pas être reproduite après coup par un algorithme, quelle que soit sa sophistication.
Oui, et c'est même la meilleure approche dans les cas limites. AquaVision 3.0 peut servir de base de correction automatique, puis Lightroom ou DaVinci Resolve permettent d'affiner manuellement les teintes, les ombres et la saturation. Mais si la prise de vue est faite avec une balance des blancs manuelle correcte, le travail de post-traitement est nettement plus simple.