
L'UPY 2026 interdit l'IA generative et promet un ban a vie. Ce qui est autorise, ce qui ne l'est pas, et pourquoi ca compte.
Il y a des debats qui traversent toute la photographie, du studio terrestre aux profondeurs les plus reculees. Le role de l'intelligence artificielle dans la creation d'images en fait partie, et il ne date pas d'hier. Mais en photo sous-marine, ou chaque image porte en elle la preuve d'une rencontre reelle avec le vivant, la question prend une dimension particuliere. L'Underwater Photographer of the Year 2026 a choisi de repondre avec une clarte rare.
Le concours n'interdit pas tout traitement numerique. Loin de la. Lightroom, Photoshop, DaVinci Resolve, tous ces outils restent parfaitement acceptes pour le developpement et la correction de vos images. La reduction de bruit par intelligence artificielle (comme Topaz DeNoise ou les fonctions integrees a Lightroom) est autorisee. Le retrait des backscatters, ces particules en suspension qui polluent le premier plan, reste permis. Le retrait des UFO (Unwanted Floating Objects, ces bouts de palme ou de tuba qui s'invitent dans le cadre) aussi. Le recadrage, la correction de couleur, l'ajustement de l'exposition, le contraste : tout cela entre dans la manipulation numerique classique, acceptee et encouragee.
Le principe est simple. Si l'element etait present dans la scene au moment ou vous avez appuye sur le declencheur, vous pouvez l'ajuster, le corriger, le sublimer.
L'IA generative est formellement bannie. Pas de nuance, pas de zone grise. Les images entierement generees par IA sont exclues. Les parties d'images generees par IA aussi, qu'il s'agisse d'un remplacement de ciel, d'un fond modifie, d'un element ajoute qui n'existait pas dans la prise de vue originale.
Le remplacement de ciel par IA (sky replacement) est specifiquement cite. L'ajout d'un sujet qui n'etait pas la, la creation d'un arriere-plan plus esthetique, la generation d'un recif la ou il n'y avait que du sable : tout cela est interdit.
Et la sanction ne laisse aucune place a l'ambiguite. Les fichiers RAW sont demandes pour toutes les images preselectionnees. Chaque fichier est examine specifiquement pour detecter la presence de contenu genere par IA. Et si un photographe est pris en flagrant delit de soumission d'images generees par intelligence artificielle, la sanction est un bannissement a vie du concours.
A vie. Pas une suspension d'un an. Pas un avertissement. Un bannissement definitif.
C'est la question que tout le monde se pose, et la reponse de l'UPY a le merite d'etre limpide. La frontiere se situe au moment du declenchement.
Si l'element existait dans la scene quand vous avez presse le declencheur, vous pouvez le travailler. Reduire le bruit, corriger la balance des blancs, ajuster les hautes lumieres, supprimer une particule genante, toutes ces operations revelent ce qui etait deja la. Elles ne creent rien.
Si l'element n'existait pas au moment de la prise de vue, vous ne pouvez pas l'ajouter. Un ciel plus dramatique, un poisson supplementaire, un corail plus colore dans un coin du cadre. Meme si le resultat est convaincant, meme si personne ne le verrait a l'oeil nu, meme si "ca ne change pas le sens de l'image" : c'est de la creation, pas du traitement.
Le post-traitement revele la beaute. Il ne la cree pas. C'est la ligne de demarcation, et elle tient debout.
L'UPY n'est pas le seul concours a se poser ces questions. Des bases de donnees comme Lumethic recensent les politiques IA de tous les concours photo dans le monde, preuve que le sujet est devenu central pour l'ensemble de la profession. Chaque competition doit desormais choisir son camp, et la plupart convergent dans la meme direction.
En photographie sous-marine, l'enjeu depasse la simple regle de competition. Nos images portent un temoignage. Quand un photographe partage l'image d'un requin-baleine croise a 15 metres dans les Maldives, le spectateur fait un pacte de confiance implicite : cette rencontre a eu lieu. Ce moment existait. Cet animal nageait la, a cet endroit, a cet instant.
Si l'intelligence artificielle generative s'invite dans ce pacte, si le doute s'installe sur la realite de ce qui est montre, c'est toute la force de la photographie sous-marine qui s'effondre. Sans confiance dans l'image, nos photos perdent leur pouvoir de temoignage, d'emerveillement et de mobilisation pour la protection des oceans.
Les concours qui protegent l'image reelle protegent la communaute tout entiere. L'UPY l'a compris, et sa position est la bonne.
Un dernier point qui merite d'etre souligne. L'UPY 2026 a cree pour la premiere fois une categorie dediee a la photographie au smartphone. Elle a ete remportee par Jack Ho avec un cliche realise au moyen d'un caisson DiveVolk.
C'est un signal fort. D'un cote, le concours protege l'integrite de l'image contre l'IA generative. De l'autre, il ouvre ses portes a la technologie la plus accessible qui existe. Le message est coherent : ce n'est pas la sophistication de l'outil qui compte, c'est l'authenticite de la rencontre. Un smartphone dans un caisson a quelques centaines d'euros peut produire une image primee dans le concours le plus prestigieux au monde, a condition que cette image soit reelle.
La rencontre est sacree. Le traitement la revele, il ne la remplace pas.
Notre [formation photo sous-marine](https://www.aquaexposure.com/formation-photo-sous-marine) aborde ces questions en profondeur dans le Module 3 (ethique et approche du vivant) et le Module 6 (post-production). Parce que savoir ou s'arrete le traitement et ou commence la creation, c'est une competence qui se construit.
Non, pas completement. L'UPY 2026 fait une distinction nette entre l'IA generative (interdite) et l'IA de traitement (autorisee). Les outils de reduction de bruit comme Topaz DeNoise ou les fonctions IA integrees a Lightroom restent acceptes. Ce qui est banni, c'est l'utilisation de l'IA pour creer ou modifier des elements qui n'existaient pas dans la scene originale.
Un bannissement a vie. Les organisateurs demandent les fichiers RAW de toutes les images preselectionnees et les analysent specifiquement pour detecter du contenu genere par intelligence artificielle. La sanction est definitive, sans possibilite de reinscription. D'autres concours adoptent des politiques similaires, meme si la severite de la sanction varie.
L'analyse des fichiers RAW est la premiere ligne de defense. Un fichier RAW contient les donnees brutes du capteur et les metadonnees EXIF. Les modifications par IA generative laissent des traces detectables, surtout quand on compare le RAW original a l'image soumise. Les outils de detection s'ameliorent aussi rapidement, ce qui rend la triche de plus en plus risquee.
La base de donnees Lumethic recense les politiques IA de la plupart des concours photo dans le monde, y compris les concours de photographie sous-marine. C'est une ressource precieuse pour verifier les regles specifiques de chaque competition avant de soumettre vos images.
Pas du tout. La correction de couleur, le recadrage, l'ajustement d'exposition, la reduction de bruit, le retrait de particules en suspension : tout cela reste parfaitement autorise. Ces regles ne ciblent pas le post-traitement traditionnel. Elles ciblent la creation de contenu qui n'existait pas au moment de la prise de vue. Developper et sublimer vos RAW reste non seulement autorise, mais encourage.
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